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Affaire 49 kilos de lingots d’or : Le ministre malgache de la justice à Moroni ce jeudi

Une délégation du gouvernement malgache à la tête de laquelle le ministre de la justice arrive à Moroni ce jeudi 6 janvier pour une mission de 3 jours. Cette équipe de 6 personnes issues de différents départements devrait rencontrer les autorités judiciaires dans le cadre de la procédure de demande d’extradition des deux Malgaches impliqués dans l’affaire des 49 kilos de lingots d’or saisis à l’aéroport de Moroni le 28 décembre.

Le gouvernement malgache dépêche une délégation spéciale à Moroni pour négocier l’extradition des deux de leurs compatriotes suspectés d’être impliqués dans le trafic de 49 kilos de lingots d’or saisis sur trois individus à l’aéroport international Moroni Prince Said Ibrahim le mardi 28 décembre dernier. Azaly Failaza Pacheco et Pierre Stenny, sont les deux suspects de nationalité malgache arrêtés avec un Comorien répondant au nom d’Elhad Ibrahim Halifa. Les trois comparses très défavorablement connus des services judiciaires de leurs pays respectifs étaient sur le point de s’envoler pour Dubaï à bord d’un jet privé arrivé à l’aéroport de Moroni Hahaya depuis la veille en provenance des Émirats selon les documents de l’aviation civile dont nous nous sommes procurés copies.

Au regard des éléments composant la délégation, on peut être tenté de dire que l’État malgache a sorti l’artillerie lourde pour tenter de remporter cette bataille. En effet, ladite délégation est composée du ministre de la justice Imbiki Herilaza, de la directrice générale des affaires judiciaires Randrianarisoa Salohy Norotiana, de la directrice générale des affaires politiques auprès du ministère des affaires étrangères N’diaye Alice, du directeur général des douanes Lainkana Zafivanona Ernest, du chef du Bureau national central d’Interpol le commissaire divisionnaire Rabialahy Jean Rostand, ainsi que du chef de la section de recherches criminelles de la gendarmerie nationale d’Antananarivo le colonel Ravelomanana Valona Tahina.

Pour rappel, le 28 décembre dans la foulée de l’arrestation des trois suspects à l’aéroport de Moroni, le ministère de la justice de Madagascar a émis des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre d’Azaly Failaza Pacheco et Pierre Steny. Ils sont accusés de « mise en circulation à titre gratuit de substances minérales avec des pièces justificatives sciemment établies de façon inexacte ; faux et usage de faux en écriture publique ; corruption active ; délit de contrebande par aéronef ; association de malfaiteurs » entre autres griefs. Placés en garde à vue à la gendarmerie de Moroni depuis leur arrestation, Elhad Ibrahim Halifa, Azaly Failaza Pacheco et Pierre Stenny n’ont toujours pas été déférés au parquet. Pas plus que les autres suspects arrêtés quelques jours plus tard, en l’occurrence le directeur général des aéroports des Comores Yasser Assoumani, et l’ancien receveur de la douane au niveau d’Anjouan Farid Abodo. Malgré nos sollicitations incessantes, les autorités judiciaires n’ont jamais souhaité s’exprimer sur le sujet.

Interrogé hier sur la position de l’État comorien sur la demande malgache, le porte-parole du gouvernement Houmed Msaidie a tenu à rappeler la convention d’entraide judicaire entre l’Union des Comores et la République de Madagascar depuis les années 70. Mais pas que. Il a surtout rappelé que « Madagascar a montré l’exemple » en rendant à Moroni l’ex-fugitif Inssa Mohamed alias Bobocha, qui s’était exilé à Madagascar. On peut donc déduire que Moroni accèdera à la demande d’extradition d’Antanarivo au nom du principe de réciprocité.

Reste maintenant à savoir la suite qui sera donnée au métal jaune saisi. En effet, dans sa note verbale sur l’arrivée de la délégation, la partie malgache indique noir sur blanc que les « 40 kilos de lingots d’or [sont] sortis illicitement du territoire de Madagascar ». La question légitime qu’on peut se poser : est-ce qu’il y a eu une déclaration de vol avant que cet or ne soit saisi à Moroni ? Parce que le seul fait que l’or vienne de Madagascar ne devrait pas faire du pays de provenance son propriétaire d’office selon les avis de juristes. Dans ce cas de figure, à moins de préférer être flexible, l’Union des Comores pourrait confisquer le métal jaune dont la valeur est estimée à un peu plus de 1 milliard 200 millions de nos francs, pour être conservé dans une institution habilitée comme la Banque centrale des Comores.

TM / LGDC

La Rédaction

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