L’image d’un artiste engagé pour la paix, aujourd’hui incarcéré, suscite une vive émotion aux Comores. Moustoifa Idaroussi, connu du grand public sous le nom de Wanamah, traverse une épreuve judiciaire qui dépasse désormais le simple cadre d’un litige foncier pour devenir une affaire aux résonances nationales.
Arrêté le 22 avril à son domicile, le reggaeman a été conduit à la prison de Moroni à la suite d’une décision de justice remontant à 2018. À l’époque, il avait été condamné à trois ans de prison, dont une partie avec sursis, dans un conflit lié à un terrain familial. Pourtant, selon ses avocats, cette condamnation ne devrait plus être applicable aujourd’hui.
Au cœur de la contestation, un point juridique central, la caducité du jugement. En vertu des règles de procédure pénale, une peine non exécutée dans un certain délai devient invalide. Pour la défense, ce délai est largement dépassé, puisque plusieurs années se sont écoulées sans qu’aucune mesure d’exécution ne soit engagée contre l’artiste.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. L’avocat de Wanamah pointe également des irrégularités dans les conditions de son arrestation, notamment l’absence d’un mandat d’arrêt clair au moment de son interpellation. Il évoque aussi un conflit d’héritage, avec des documents familiaux qui remettraient en cause la légitimité des revendications sur le terrain litigieux.
Dans les milieux culturels, l’émotion est palpable. Wanamah n’est pas seulement un chanteur, il incarne une voix, un symbole pour toute une génération. Son incarcération soulève ainsi de nombreuses interrogations sur le fonctionnement de la justice dans l’archipel.
IBM


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