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Prise d’otage de la justice à Mohéli, Sako a encore frappé !

Tout le monde sait aujourd’hui, que notre justice obéit aux ordres et aux recommandations des pouvoirs publics mais, on croyait souvent à tort que ce sont seulement les politiques qui sont les premiers fossoyeurs et responsables de cette descente aux enfers de notre institution de lois, de protection de biens et des personnes. Mais force est de constater, que l’institution est minée de l’intérieur par la hiérarchie dont la probité, l’éthique de la justice, le sens même de l’équité, l’impartialité et la déontologie sont mis à mal par ceux-là même sensés la servir.
Lors d’une banale question de partage d’une parcelle de terrain familial, le secrétaire général de la Magistrature Soilihi Mahamoud communément connu sous le nom de Sako a mis les bouchées doubles pour étrangler la justice à Mohéli, en utilisant sa position dominante de haut magistrat en qualité de secrétaire de la magistrature. De par sa fonction d’ancien procureur général et son statut actuel, il intimide et terrorise tout magistrat, avocat, ou personnel de la justice au Tribunal de Fomboni ainsi que tous ceux qui s’approchent de près ou de loin de ce dossier à tel point que tout le monde refuse de le juger ou de le défendre pour ne pas s’attirer les foudres de cet individu sans foi ni loi.
Son comportement professionnel est diamétralement opposé à ce qu’il déclare dans les divers séminaires et prises de paroles publiques. Son comportement mafieux est carrément aux antipodes de ce contre quoi il prétend lutter, à savoir contre la corruption alors qu’il est lui-même l’incarnation du mal et de la corruption dans l’appareil judiciaire comorien. N’est-ce pas lui qui déclarait qu’il est impossible de lutter contre la corruption et que lui, il obéira aux injonctions du pouvoir dans les décisions judiciaires car je site « si je ne le fais pas, je serai licencié et quelqu’un d’autre exécutera les recommandations à ma place ».


Souvenez-vous, l’ancien procureur de la république, Mohamed Osseni, a accusé en octobre 2013 le procureur général, Mahamoud Soilihi alias Sako, d’être corrompu. C’est après la passation de service avec Maoulida Djobeir que l’ancien procureur a donné une conférence de presse pendant laquelle il a certifié que Sako a commis plusieurs actes de corruption de la justice comorienne.
En effet, Mohamed Ousseine a déclaré que le procureur Sako est à la tête d’un réseau bien organisé au sein de l’appareil judiciaire, qu’il a souvent arrêté plusieurs procédures judiciaires en échange de quelques billets de banque. Voilà ce qui explique une justice pour les pauvres et une autre pour les riches qui aboutit souvent en abandon des charges.
Selon l’ancien procureur, « Si SAKO reste procureur général, la justice comorienne ne fonctionnera jamais ! » a-t-il souligné et il a certifié détenir toutes les preuves matérielles qui montrent que Sako est corrompu et a ouvert selon ses propres termes « un doukat » au sein de l’appareil judiciaire.
Souvenez-vous de son implication dans cette affaire gravissime de falsification de signature du procureur de la république sur des ordonnances de libération conditionnelle qui permettait de libérer des détenus emprisonnés à la maison d’arrêts de Moroni. Le procureur de la république en question l’a dénoncé avec véhémence dans une conférence de presse en octobre 2013.
Une vidéo de cette conférence de presse est réapparue sur les réseaux sociaux récemment avant d’être rapidement effacée, mais les comoriens n’ont pas la mémoire courte, et nul ne peut effacer ce qu’il y est enregistré et ancré dans la mémoire collective !
Souvenez-vous de l’affaire du conflit inter-villageois suite à une rivalité née en 1996, dans le domaine du football entre deux villages du nord de la Grande Comore Hantsindzi et Chezani où il y a eu mort d’homme. Notre donneur de leçons contre la corruption judiciaire, alors procureur de la république à Moroni, après avoir écarté un autre escroc devenu aujourd’hui dignitaire du régime et qui avait soutiré de l’argent aux familles des coupables, empochera sans vergogne de l’argent des familles des détenus reconnus coupables lors d’un procès et leur permettra de quitter le pays.
Souvenez-vous d’une cargaison de drogue (plusieurs kilos) interceptée dans le sud des côtes mohéliennes par des trafiquants venant d’Anjouan par kwassa kwassa. Le procureur a exigé que le butin « soit rangé dans un lieu sûr au parquet ». Bien entendu, le procureur de l’époque n’était rien d’autre que Soilihi Mahamoud, la drogue s’est évaporée dans la nature alors qu’elle était sous scellée dans un coffre-fort au parquet.
Souvenez-vous du simulacre de procès et de la parodie de justice organisés à l’époque du président Sambi : il s’agit de cette affaire d’un ancien TPG du Trésor Public de MORONI qui avait détourné des millions de francs Comoriens et qui était jugé par SAKO pendant cette période. Ce dernier lui avait dit de se laisser tomber par terre le jour du jugement et de simuler un évanouissement au moment de l’audience. C’est exactement ce qui s’est passé, et l’audience a été suspendue… La suite tout le monde la connait, il a organisé la fuite de ce Monsieur vers Mayotte et ensuite en France métropolitaine.
Permettez-moi d’arrêter ici, car la liste est tellement longue que cela donne le tournis. Quid des nombreux procès qu’il a plombés et où il a donné raison aux coupables moyennant finance ou avantage en nature. Sako a toujours traité ses dossiers au Tribunal en fonction de l’argent de la corruption qu’il reçoit des coupables. C’est un corrompu, incompétent et spécialisé dans la fabrication des faux documents, faux témoignages, fausses preuves, faux en écritures dans le but de spolier. Il profite de son statut de magistrat et instrumentalise son entourage pour fabriquer soit des faux documents soit des jugements truqués d’avance avant même la comparution.
L’affaire dont il est question aujourd’hui débute en 2016, quand le tribunal pénal de Fomboni a été saisi en premier instance par Sako et son épouse pour une demande en annulation d’un acte de donation sur une parcelle appartenant Salim Madi ancien Commissaire de police de Fomboni à ces petits enfants.
Pour toute preuve « matérielle », Sako et sa femme prétendent que la tante de cette dernière (sœur de Salim Madi), de son vivant, aurait dit verbalement que la parcelle lui a été léguée sans aucune preuve, sans aucun témoignage et sans aucun document. C’est un argument tellement facile puisque chaque membre de la famille pourrait dire la même chose et gagner comme ça un procès, mais quand on est l’épouse de Soilihi Mahamoud (secrétaire général de la magistrature), cela passe comme une lettre à la poste.
Lors des premières audiences au tribunal pénal de Fomboni, Sako comme à son habitude va déclencher l’artillerie lourde en mettant en œuvre la machine éhontée et infernale de la corruption qui gangrène comme à l’accoutumée notre maison de justice. Il va fabriquer des faux témoignages et sortir de son chapeau des témoins imaginaires que la justice n’a jamais vus, ensuite il se rendra coupable de faux et usage de faux documents pour parvenir à ses fins. Alors que la parcelle de terrain est située à Fomboni Mohéli, notre champion de la magouille caractérisée produira même le 09/02/2012 un faux document de donation de la parcelle à sa belle-sœur par un cadi de Moroni avant de la retirer ; tellement le tissu de mensonge était gros à avaler pour les juges du tribunal pénal de Fomboni.
Suite à une ordonnance en référé introduite par Sako le 24/06/2011 intimant l’ordre de stopper les travaux, en détruisant tous les matériaux de construction avec au passage de la violence policière sur les bénéficiaires de l’acte de donation du terrain. Au final, la donation de Monsieur Salim Madi établie le 23 /08/2010 sera reconnue comme étant authentique par un jugement rendu le 09/02/2012 du Tribunal Pénal de Fomboni.
Sako, cherchera par tous les moyens à contourner l’acte de donation et gagner gain de cause quelle que soit la légèreté de son dossier. Il portera l’affaire au tribunal du cadi en portant plainte le 13/12/2016. Le dossier restera en sommeil jusqu’au moment où il est nommé secrétaire général de la magistrature. Notre mafieux dépourvu de scrupule mettra la pression pour obtenir un jugement à tout prix et bien sûr, un jugement en sa faveur. Pour ce faire, il croit avoir trouvé la parade : la plainte ne sera pas dirigée contre les bénéficiaires de la donation de Monsieur Salim Madi puisqu’elles ont un document officiel reconnu par le tribunal pénal alors que sa femme n’a aucune preuve. La seule preuve « matérielle » à sa disposition reste une donation verbale sans témoin ni acte : sa tante lui aurait dit verbalement que la parcelle lui était léguée. Non, pour parvenir à ses fins et contourner un document de justice, notre brillant magistrat va viser leur mère qui elle, n’est pas concernée par cette affaire. Avec la complicité de Monsieur Nabouhane Madi Cadi de Fomboni, il organisa une parodie de procès (dont nous vous donnerons des détails dans un prochain article car cette histoire est loin d’être terminée). Comme attendu le Cadi trancha en sa faveur en dépit de tout document, de tout témoignage ou document prouvant la véracité des faits.

En public, notre « magistrat modèle » prétend ne rien à avoir avec cette affaire de famille et que cela concerne uniquement sa femme. Pourtant, les preuves de son implication flagrante sont là. Il pourra toujours se cacher derrière son petit doigt, mais tout le monde sait, qu’il s’est mouillé jusqu’à la moelle dans cette affaire. Les personnes qu’il harcèle et intimide au Tribunal de Fomboni sur ce dossier sont là pour prouver le contraire.

Dans une conférence de presse qui a eu lieu le lundi 31 mai 2021 à Fomboni, le gouverneur de l’île de Djoumbé Fatima, Said Mohamed Fazul a dénoncé la corruption que certains magistrats pratiquent dans le système judiciaire. Il pense qu’il n’y aura pas de changement tant que la génération actuelle sera encore aux commandes. Et enfin, il est convaincu je cite « qu’il faudra peut-être attendre une vingtaine d’années pour espérer un changement ».
C’est un constat amer qui malheureusement, met en évidence une situation chaotique dans laquelle se trouve plongé notre pays en matière judiciaire depuis de nombreuses années. Il préconise même le recrutement de magistrats étrangers pour y faire face et relever le défi. Il ne me semble pas que cela soit la solution puisque les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, tant qu’il n’y a pas la volonté politique du premier magistrat du pays de changer profondément la perception de la justice, cela ne changera pas.
En manipulant ainsi l’appareil judiciaire, on est en train de jouer avec une substance inflammable dans les mains près d’une usine à gaz qui pourrait déclencher un incendie susceptible d’embraser tout le pays et rompre avec notre résilience légendaire et nos valeurs de tolérance héritées de nos ancêtres. Une autre justice est possible !

Fait à Fomboni, le 26 mars 2022 . Par Madi Massulaha

1 commentaire sur Prise d’otage de la justice à Mohéli, Sako a encore frappé !

  1. Je suis un peu surpris par cet article qui me traine dans la boue pour une affaire qui ne me concerne pas. Le réel auteur de cet article est ANZIZI de Djoiezi spécialisé en insultes et qui est utilisé par la famille Salim Tsivanden pour me manquer du respect.
    En réalité c’est un litige familial qui concerne ma femme et ses cousines qui a abouti à une procédure judiciaire. La seule chose qui peuvent me reprocher, c’est d’avoir payé un avocat pour représenter ma femme au tribunal de Fomboni. Je nie avoir fait pression à qui que ce soit pour trancher sur cette affaire.
    Le juge a pris sa décision à son âme et conscience et ce, en premier ressort.
    Ils ont le droit de faire appel au lieu de m’insulter.
    Dans tout ls cas, je ne fais pas partie de leur famille et ce terrain ne ne fera pas partie de ma succession.
    Je n’ai pas l’intention d’échanger des insultes avec cette famille qui n’a aucun respect avec les gens qui épousent leurs soeurs. Mais message que je dois la transmettre c’est que je n’ai rien avoir avec le centimètre de terrain qui fait l’objet de leur litige et qu’ils mettent à l’écart notre justice.
    J’ai appris que la personne qui m’insulte est un docteur en droit et au lieu de conseiller ses cousines à suivre une procédure légale, regardez ce qu’il est entrain de vomir dans son article.
    Je n’interviens pas pour répondre à ses insultes, mais juste pour les demander un peu de respect de leur part et d’éviter tout acte des conflits entre deux familles.

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