À Volovolo, une scène filmée et largement relayée sur les réseaux sociaux provoque une vague d’indignation. En plein marché, des agents de la Police nationale ont publiquement humilié un jeune homme en lui rasant une partie de la tête sous les regards des passants. Son seul “tort” apparent est d’avoir les cheveux longs. Une pratique qui soulève une question fondamentale ; depuis quand l’apparence physique constitue-t-elle une infraction pénale aux Comores ?
Dans un État de droit, la police est censée protéger les citoyens, faire respecter la loi et garantir la sécurité publique. Aucune disposition légale ne semble pourtant autoriser des agents à transformer l’espace public en salon de coiffure improvisé.
Le plus inquiétant reste le caractère profondément sélectif de cette violence institutionnelle. Aux Comores, les campagnes dites de “moralisation” frappent presque toujours les plus modestes. Il est plus facile d’humilier un jeune vendeur de marché qu’un fils de notable descendant d’un véhicule luxueux. Plus simple d’imposer des règles arbitraires à ceux qui n’ont ni relations, ni protection, ni influence.
Pendant ce temps, les préoccupations majeures de la population demeurent sans réponse comme la vie chère, le chômage, l’insécurité, la délinquance, les violences sexuelles ou corruption. Les voleurs et les criminels semblent parfois inquiétés avec moins de zèle que des jeunes coiffés différemment.
Une nation forte ne se construit ni par l’humiliation publique ni par la peur. Filmer des citoyens pendant qu’ils subissent des traitements dégradants n’a rien d’une démonstration d’autorité républicaine. C’est au contraire le signe inquiétant d’un pouvoir qui confond maintien de l’ordre et contrôle des apparences.
IBM


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