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Mayotte à feu et à sang, les autorités départementales dépassées !

Sans répit, plus que le titre du film de Régis Blondeau, c’est la situation que vivent les forces de police à Mayotte ces derniers mois, mise sous pression permanente, elle ne sait plus à quel saint se vouer. L’île comorienne sous administration française est confrontée à une violence sans précédent.

Vite, vite de l’aide, c’est ce que réclament les élus mahorais auprès des autorités françaises.
La réponse de la délinquance galopante dans l’île ne peut qu’être sécuritaire pour les  représentants de l’île. Réunis en urgence ce mardi à Mamoudzou, députés, maires et conseillers départementaux réclament au plus vite le renforcement des effectifs de police et autre gendarmes pour faire face à une vague de violences sans précédent sur l’île. En attendant la venue de renforts, les élus de Mayotte ont décidé après la réunion de Mamoudzou de «  fermer toutes les écoles et les administrations publiques locales (Mairies, Conseil Départemental, CCAS, Caisse des Écoles) et ce à compter de ce jeudi 15 septembre jusqu’à nouvel ordre » selon un communiqué signé du président de l’Association des Maires de l’île Madi Madi Souf.


Alors que les trois îles sœurs de l’archipel traversent une crise économique accentuée par l’inflation galopante et les pénuries de denrées alimentaires, la quatrième patte du bœuf (Mayotte) pour reprendre une expression chère à l’ancien président Abdallah, sombre dans une violence qui risque de faire crouler les fondations déjà fragiles. Les autorités départementales semblent avoir perdu toute emprise sur les jeunes délinquants qui sévissent dans les rues des villes Maoraises. Dans le journal de nos confrères de Mayotte la première, le président des Maires est allé un peu plus loin sur la position des élus. « Si on n’a pas de réponse du gouvernement, les écoles ne rouvriront pas », clarifie-t-il. Et cette réponse, passe par le renforcement et l’augmentation des capacités opérationnelles de la police, que ce soit en effectif ou en matériel.

Dans la commune de Koungou, les forces de police font face depuis des semaines à des attaques quotidiennes de jeunes (souvent mineurs) surexcités qui s’en prennent à tout ce qui représente une quelconque autorité. En visite au mois de juillet dernier, le ministre Darmanin avait promis de renforcer les capacités opérationnelles des forces de l’ordre. Ce lundi 12 septembre, Muslim Abdouraman Maire de Boueni, sur des propos rapportés par le site de France info appelle à des mesures radicales. « Nous sommes dans un État de guerre. Nous n’avons pas à faire à des simples délinquants mais à des criminels, c’est une situation exceptionnelle qui réclame des moyens exceptionnels, il faut faire intervenir les militaires », avance l’édile de Boueni.


Une situation délétère que vient s’ajouter l’autre problématique du moment, le décasage des maisons en tôle dans la commune de Bandrelé. Dans un arrêt préfectoral daté du 06 juillet dernier, il a été ordonné la destruction des ces maisons. Jusque là, 50 maisons ont été décasées avant que la justice ne suspend la mesure après que les habitants aient porté plainte, le procès est prévu se tenir le 26 septembre prochain. Une situation qui demande un renfort substantiel des forces de maintien de l’ordre. Le déploiement d’un escadron de gendarmes mobile en juin dernier n’a eu aucun effet sur les bandes qui s’affrontent nuit et jour.


Les 765 policiers semblent être dépassés par les événements. C’est pourquoi des syndicats de police demandent l’autorisation de pouvoir utiliser « des munitions intermédiaires » dans la lutte contre ces fauteurs de troubles. C’est des munitions qui ont une portée efficace de 300 à 600 mètres. Une idée déjà avancée par le ministre de l’intérieur qui a proposé lors de son passage à Mayotte d’utiliser des balles blanches contre les mineurs délinquants.

AS Badraoui / LGDC 

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