Le Comité d’organisation des Jeux des îles de l’océan Indien (COJI) a officiellement levé le voile, hier soir, sur l’identité visuelle des Jeux de 2027. Entre le logo et surtout la mascotte, un message clair est envoyé : les Comores veulent marquer les esprits.
Sur la photo diffusée lors de la cérémonie, la mascotte prend vie sous les traits d’un cœlacanthe, ce poisson mythique des eaux comoriennes, reconnaissable à sa silhouette arrondie et à sa couleur verte éclatante. Avec ses grands yeux expressifs et son allure volontairement accessible, la mascotte adopte les codes universels des grands événements sportifs : proximité, sympathie et identification immédiate.
Mais derrière cette apparence presque enfantine se cache un choix profondément symbolique. Le cœlacanthe n’est pas un animal comme les autres. Présent dans les profondeurs marines des Comores, il est souvent qualifié de « fossile vivant », vieux de plusieurs millions d’années. Il incarne à la fois la résistance, la rareté et une forme de continuité dans le temps.
Ce choix n’est donc pas anodin. À travers cette mascotte, les organisateurs cherchent à ancrer les Jeux dans l’identité comorienne, en mettant en avant un patrimoine naturel unique, connu bien au-delà de la région. C’est aussi une manière de raconter une histoire : celle d’un pays discret, mais riche d’un héritage exceptionnel, qui veut aujourd’hui se projeter sur la scène régionale.
Lors de la cérémonie, la mascotte a été présentée aux côtés de plusieurs personnalités, dans une ambiance festive. Elle portait déjà les éléments visuels des Jeux, avec un logo affiché sur le torse, combinant les îles, les couleurs régionales et la mention « Comores 2027 ». Un premier aperçu concret de ce que seront ces Jeux.
Mais au-delà de l’image, ce dévoilement intervient dans un contexte où les attentes sont fortes. À moins de deux ans de l’échéance, les questions sur l’état d’avancement des infrastructures, des équipements sportifs et de l’organisation globale restent centrales. La récente présence des instances régionales de contrôle à Moroni rappelle que le temps des annonces laisse désormais place à celui de la réalisation.
Dans ce contexte, la mascotte joue un rôle clé. Elle n’est pas qu’un symbole : elle devient un outil de mobilisation, notamment auprès des jeunes, et un vecteur de communication pour porter l’événement au-delà des frontières.
Reste à savoir si cette image forte sera suivie d’actions concrètes. Car si le cœlacanthe incarne la longévité, les Jeux, eux, seront jugés sur leur capacité à être prêts à temps.Une chose est certaine : avec cette mascotte, les Comores ont déjà choisi leur signature un mélange d’identité, de fierté et d’ambition.
Said Hassan oumouri


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