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Madjadjou : Le quartier précaire de Moroni, signe d’un futur sombre pour les Comores

 

Récemment, des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des jeunes de Moroni, capitale des Comores, se menaçant et s’affrontant en bandes rivales. Bien que ces scènes de violence puissent choquer, elles ne sont pas totalement surprenantes. Nombre de ces jeunes proviennent du quartier populaire et précaire de Madjadjou.

Ce phénomène illustre un changement profond des mœurs aux Comores, particulièrement dans les quartiers démunis de Moroni. La précarité grandissante dans ces zones contribue à une recrudescence de la violence et de la délinquance. En témoignent des vidéos récentes montrant des jeunes de Madjadjou s’injectant des substances avec des seringues. Peu après, une autre vidéo, diffusée sur une chaîne concurrente, montrait des jeunes expliquant avoir été victimes de vols et d’agressions dans ce même quartier.

Historiquement, Madjadjou a toujours été un quartier populaire regroupant des jeunes en situation de précarité. Cependant, jamais la violence et les actes criminels n’avaient atteint un tel niveau. Cette transformation inquiétante de la jeunesse comorienne trouve des résonances dans les dynamiques sociologiques et anthropologiques globales.

Les Comores, comme toute société, ne sont pas isolées des influences mondiales. L’impact des réseaux sociaux, facilitant la diffusion de comportements violents et criminels, contribue à créer des tensions sociales accrues. La montée de la pauvreté est un facteur crucial expliquant cette dégradation.

Autrefois, la morale sociale comorienne, solidement ancrée dans les structures villageoises, jouait un rôle de digue contre la délinquance. Chaque individu était lié à son village par des liens sociaux et moraux forts, qui imposaient des limites comportementales. Cependant, l’urbanisation rapide et la pauvreté ont affaibli ces liens. Les familles qui s’installent dans les bidonvilles perdent progressivement leur connexion avec leur village d’origine au fil des générations, exacerbant la précarité et l’insécurité.

En l’absence de politiques à long terme pour la jeunesse, la délinquance, autrefois marginale, gagne du terrain dans les bidonvilles. Le phénomène des mères célibataires, souvent lié à la pauvreté et au manque d’éducation, entraîne la naissance d’enfants sans cadre éducatif solide, perpétuant ainsi le cycle de la misère.

Cette analyse révèle une transformation profonde de la société comorienne, où les jeunes, privés de repères et de soutien, basculent vers la délinquance. Comprendre ces dynamiques est essentiel pour envisager des solutions adaptées et restaurer un tissu social apte à offrir à la jeunesse un avenir meilleur.

ANTUF Chaharane 

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