Dans un contexte mondial marqué par le retour du protectionnisme et des tensions commerciales, une décision majeure vient rebattre les cartes des échanges entre l’Afrique et l’Asie. À compter du 1er mai 2026, la Chine applique un traitement tarifaire nul à 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, une initiative inédite à cette échelle.

Annoncée le 14 février 2026 par le président Xi Jinping à l’occasion du sommet de l’Union africaine, cette mesure marque une nouvelle étape dans les relations sino-africaines. Elle étend à l’ensemble des pays concernés un dispositif déjà partiellement en vigueur : entre décembre 2024 et avril 2026, 33 pays africains parmi les moins avancés bénéficiaient déjà de droits de douane nuls.
Désormais, ce régime préférentiel est généralisé. Concrètement, de nombreux produits africains entrent sur le marché chinois sans taxation : cacao de Côte d’Ivoire et du Ghana, café et avocats du Kenya, ou encore agrumes et vin d’Afrique du Sud. Une évolution qui renforce immédiatement la compétitivité des exportations africaines et ouvre de nouvelles perspectives commerciales.
Pour les Comores, classées parmi les pays les moins avancés, cette opportunité n’est pas nouvelle mais se consolide. Le pays bénéficie de ce traitement depuis le 1er décembre 2024, avec une perspective de long terme qui pourrait soutenir ses exportations et encourager la structuration de ses filières agricoles.
Au-delà du commerce, cette initiative vise également à stimuler les investissements. En facilitant l’accès au marché chinois, Pékin espère attirer davantage de capitaux, de technologies et d’expertises vers le continent africain, contribuant ainsi à l’industrialisation et à la modernisation des économies locales.
Autre enjeu majeur : la diversification des exportations africaines. En réduisant les barrières tarifaires, la Chine encourage les pays africains à développer des produits à plus forte valeur ajoutée, tout en soutenant les PME, les agriculteurs et les micro-entreprises.
Présentée comme une mesure pilote d’une durée de deux ans, cette politique s’inscrit dans une stratégie plus large d’ouverture économique. Elle illustre la volonté de la Chine de renforcer son influence tout en proposant un modèle alternatif de coopération, basé sur le développement partagé.
Dans un monde en recomposition, cette décision pourrait bien marquer un tournant durable dans les relations économiques entre l’Afrique et la Chine, en offrant au continent de nouvelles marges de manœuvre face aux défis globaux.
M.S


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