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Les résultats du concours national d’excellence organisé par l’association Uoni sont désormais connus. Trois élèves comoriens ont été sélectionnés pour intégrer, dès la rentrée universitaire 2026-2027, le cursus d’ingénieur de l’INSA Rennes, en France. Une réussite importante pour ces jeunes talents, mais aussi un signal fort sur le potentiel scientifique qui existe aux Comores lorsqu’il est repéré, accompagné et orienté.
Les trois lauréats sont Abdoulhalim Maoulida Ali Mlanaoindrou, élève de l’école Ahli Sounnat Waldjaman, Mouhtare Tasnime, du GSFA, et Mohamed Ali Andjouza, de l’école Omar Ibn Khatab. Ils ont été retenus à l’issue d’un processus de sélection exigeant, lancé en avril dernier, et destiné aux élèves de terminale série C disposant d’un dossier Campus France.
Selon Amir Aboubacar, président de l’association Uoni, la procédure s’est déroulée en trois étapes : l’étude des dossiers, des épreuves écrites en français, mathématiques et physique, puis un entretien oral. Un parcours sélectif qui visait à identifier des élèves capables de suivre une formation d’ingénieur dans un établissement français reconnu.
Mais l’initiative de Uoni ne se limite pas à l’organisation du concours. Les trois lauréats bénéficieront d’un accompagnement complet assuré par l’association, depuis les démarches administratives, notamment l’obtention du visa, jusqu’à leur installation en France. Un suivi régulier doit également être mis en place pendant leur parcours académique afin de leur permettre de réussir dans les meilleures conditions.
À l’INSA Rennes, les étudiants suivront un cursus de cinq ans. Les deux premières années seront consacrées à une formation généraliste, avant une spécialisation dans des domaines stratégiques comme l’informatique, les télécommunications, le génie civil, l’électronique ou encore les sciences des données. Des filières qui correspondent directement à plusieurs besoins majeurs des Comores.
Pour Amir Aboubacar, ce programme est le fruit d’un partenariat entre Uoni, les autorités éducatives comoriennes et l’Ambassade de France. Il met également en avant l’implication de Camar-Eddine Mohamed, maître de conférences en mathématiques à l’INSA Rennes et secrétaire général de l’association, dont le rôle a été déterminant dans la mise en place de cette passerelle.
Fondée en 2023 par des professionnels de la diaspora comorienne, l’association Uoni, qui signifie « vision » en shikomori, regroupe des enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs, cadres et étudiants d’origine comorienne. Son objectif est de renforcer durablement l’enseignement, la recherche, l’innovation et la culture, tout en valorisant l’expertise comorienne.
Cette réussite pose toutefois une question plus large. Les Comores ont besoin d’ingénieurs, de techniciens, de chercheurs et de cadres capables de répondre aux défis du pays dans les infrastructures, l’énergie, l’eau, le numérique ou les télécommunications. Envoyer des jeunes talents se former dans de grandes écoles est donc une chance. Mais cette chance ne deviendra réellement bénéfique pour le pays que si ces compétences restent liées aux Comores.
Car derrière cette belle initiative se trouve un enjeu sensible : celui de la fuite des cerveaux. Beaucoup de jeunes Comoriens partent se former à l’étranger, mais trop peu reviennent ensuite mettre leurs compétences au service du pays. La question n’est donc pas de savoir s’il faut envoyer les meilleurs élèves se former ailleurs. La vraie question est de savoir comment créer les conditions pour que ces futurs ingénieurs gardent un lien fort avec les Comores, y investissent leurs connaissances, leurs réseaux et leur expertise.
Avec ce concours, Uoni montre qu’une partie de la diaspora peut jouer un rôle concret dans la formation de l’élite scientifique comorienne. Reste maintenant à transformer ces départs en opportunités nationales. Pour que ces trois jeunes ne soient pas seulement des réussites individuelles, mais les premiers visages d’une génération capable de revenir, transmettre, construire et participer au développement du pays.
ANTUF Chaharane


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