À l’Université des Comores, la crise dépasse désormais, selon les enseignants, le cadre d’un conflit social. En grève depuis le 5 septembre 2026, le Syndicat national des enseignants de l’Université des Comores (Sneuc) appelle les autorités à ouvrir un dialogue pour préserver l’avenir de l’enseignement supérieur et celui des étudiants.
Lors d’un point de presse organisé jeudi 8 octobre à l’École de médecine et de santé publique, son secrétaire général, Youssouf Boinaheri, a dénoncé une impasse qui dure depuis 2024. Le syndicat affirme avoir multiplié courriers, demandes d’audience et délégations, sans obtenir les discussions attendues avec le rectorat et le ministère de tutelle.
Pour ses responsables, la première exigence reste d’être reçus autour d’une table. Youssouf Boinaheri assure que le Sneuc privilégie la négociation et refuse une logique d’affrontement. Il reproche aux autorités universitaires et gouvernementales de laisser sans suite les démarches engagées pour exposer les revendications des enseignants.
La situation des contractuels a également été évoquée. Le Dr Athoumane Moussa a décrit des conditions professionnelles et matérielles déplorables. Selon lui, ces enseignants, essentiels au fonctionnement de l’établissement, souffrent de précarité et d’un manque de reconnaissance. Leur situation ne peut être dissociée de la qualité des formations proposées aux étudiants, a-t-il souligné.
Le Sneuc insiste sur les conséquences de cette crise pour les étudiants. Il estime que le fonctionnement normal de l’Université est menacé et demande que les jeunes ne deviennent pas les victimes d’un différend susceptible d’être réglé par la concertation.
Le syndicat s’interroge aussi sur les démarches du rectorat auprès des composantes, estimant que la concertation devrait rester prioritaire.
Interpellant directement le chef de l’État, le syndicat réclame désormais une intervention des plus hautes autorités. À ses yeux, réunir les représentants des enseignants, clarifier leurs revendications et rechercher des solutions constitue la première étape pour sortir de l’impasse.
IBM



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