Moroni, 3 mai. Sous un soleil éclatant, plusieurs dizaines de journalistes et acteurs des médias ont défilé ce samedi dans les rues de la capitale à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. À l’initiative du Syndicat national des journalistes comoriens (SNJC) et de l’Association des femmes comoriennes de la presse, la marche s’est voulue un moment de solidarité, mais aussi un appel à la responsabilité collective face aux défis qui minent la profession.
Banderoles en main, slogans en faveur d’une presse libre et indépendante, les participants ont rappelé l’importance du rôle des médias dans une démocratie. « Sans liberté de la presse, il n’y a pas de transparence », pouvait-on lire sur certaines pancartes.
Mais derrière cette mobilisation, une réalité plus nuancée, voire préoccupante, se dessine. De nombreux observateurs dénoncent une forme d’autocensure grandissante au sein des médias traditionnels. Par crainte de représailles, de pressions politiques ou de sanctions économiques, plusieurs journalistes hésitent désormais à aborder certains sujets sensibles, notamment ceux liés à la gouvernance ou à la gestion des affaires publiques.
Dans ce contexte, ce sont souvent des voix issues des réseaux sociaux qui prennent le relais. Des figures comme le journaliste Oubeid Mchangama se distinguent par leur liberté de ton, n’hésitant pas à dénoncer publiquement des cas présumés de corruption impliquant certains ministres ou responsables politiques. Une démarche saluée par une partie de l’opinion, mais qui souligne aussi les limites actuelles de la presse écrite.
Dans ce paysage contrasté, certains médias continuent toutefois de revendiquer une ligne éditoriale indépendante. C’est notamment le cas de Comoresinfos, qui, depuis 2012, s’efforce de traiter l’actualité sans complaisance, en donnant la parole à différentes voix et en abordant des sujets sensibles souvent évités ailleurs. Malgré les pressions et les risques, notre média en ligne persiste à défendre une information libre, fidèle à sa mission d’alerte et de transparence.
En ce 3 mai, la célébration de la liberté de la presse aux Comores apparaît ainsi comme un moment à la fois symbolique et révélateur : celui d’un combat toujours en cours, entre espoir d’émancipation et réalités contraignantes.
IBM


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