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Je recevais mon salaire sur M-Pesa » : comment une invention kényane est devenue un pilier de la solidarité familiale

 

Lorsqu’on évoque le numérique en Afrique, les débats tournent souvent autour des difficultés d’accès aux technologies. Pourtant, au Kenya, une innovation a suivi un chemin inverse : au lieu de créer une fracture, elle a réussi à rapprocher les populations et à s’intégrer dans la vie quotidienne de millions de personnes.

Cette innovation s’appelle M-Pesa.Pour beaucoup d’Européens, il s’agit simplement d’une application de paiement sur téléphone portable. Au Kenya, c’est bien davantage. M-Pesa est devenu une véritable infrastructure sociale qui accompagne les habitants dans presque tous les aspects de leur vie quotidienne.

Christine Akyni, une jeune Kényane d’une vingtaine d’années aujourd’hui installée en France, ne se souvient même pas de l’époque où M-Pesa n’existait pas.« Depuis le lycée, j’ai toujours connu M-Pesa », explique-t-elle.Ce qui surprend lorsqu’elle décrit le système, c’est sa simplicité. Au Kenya, l’outil est directement associé à la carte SIM du téléphone. Lorsqu’une personne obtient un numéro de téléphone, elle accède pratiquement en même temps au service.

« Quand on met la carte SIM dans le téléphone, M-Pesa est déjà intégré », raconte-t-elle.

Contrairement à de nombreuses solutions de paiement numérique qui nécessitent un compte bancaire ou des démarches complexes, M-Pesa a été conçu pour s’adapter aux habitudes locales. Le système repose sur un vaste réseau de boutiques présentes dans les villes comme dans les villages.

Ces boutiques jouent un rôle essentiel.« Les gens viennent déposer de l’argent ou retirer de l’argent. Moi aussi, j’ai tenu une boutique M-Pesa. Les gens venaient me donner de l’argent et je le versais sur leur compte M-Pesa. D’autres venaient retirer de l’argent », explique Christine.

Cette proximité explique en partie le succès du système. Là où d’autres technologies exigent des infrastructures coûteuses ou une forte bancarisation, M-Pesa est venu s’installer au plus près de la population.

Aujourd’hui, un utilisateur peut envoyer de l’argent à un proche simplement grâce à son numéro de téléphone. « Je peux envoyer de l’argent sur le numéro de ma mère sans me déplacer dans une agence », résume la jeune femme.

Mais l’impact de M-Pesa dépasse largement le simple transfert d’argent.Au Kenya, il est utilisé pour payer des achats, régler des factures, recevoir des aides familiales et même percevoir un salaire.Avant de venir vivre en France, Christine travaillait comme enseignante. « Je recevais mon salaire directement sur M-Pesa », raconte-t-elle.

Cette intégration dans la vie économique est probablement ce qui distingue le Kenya de nombreux autres pays. Aux Comores également, la diaspora joue un rôle essentiel dans le soutien des familles. Plusieurs solutions de transfert d’argent existent déjà et facilitent les envois depuis l’étranger. Mais ces outils restent principalement des moyens de transfert. Ils ne font pas encore partie du quotidien au point de devenir un réflexe pour payer un commerçant, recevoir un salaire ou effectuer l’ensemble de ses transactions.

Le Kenya, lui, a réussi à transformer un outil de paiement en véritable écosystème économique et social.Même depuis la France, Christine continue d’utiliser le système.Pour envoyer de l’argent à sa famille, elle passe par une application appelée TapTap.

« TapTap sert d’intermédiaire entre mon compte bancaire français et le compte M-Pesa de la personne qui reçoit l’argent au Kenya », explique-t-elle.Une fois l’argent envoyé, les proches peuvent l’utiliser immédiatement dans l’écosystème M-Pesa, sans attendre et sans avoir besoin de se rendre dans une banque.

Cette rapidité a profondément modifié les relations entre les familles et leur diaspora.Lorsqu’un proche a besoin d’aide pour payer des frais médicaux, des frais scolaires ou une dépense imprévue, l’argent peut arriver en quelques instants.

C’est peut-être là que réside la véritable réussite de M-Pesa.

Au-delà de la technologie, le système a renforcé une valeur déjà profondément ancrée dans les sociétés africaines : la solidarité.

Le nom lui-même résume cette vocation. « Pesa » signifie « argent » en swahili, une langue parlée notamment au Kenya, en Tanzanie, dans certaines régions des Grands Lacs et dont plusieurs mots sont également familiers aux Comoriens.

Près de vingt ans après son lancement, M-Pesa n’est plus seulement une innovation technologique. C’est un outil qui relie les villages aux villes, les familles à leur diaspora et les individus à l’économie.

Dans un monde où le numérique est souvent accusé de créer de nouvelles exclusions, le Kenya offre un exemple rare : celui d’une technologie qui a réussi à s’acclimater à son environnement jusqu’à devenir une partie intégrante du tissu social.Je pense que le point le plus fort de votre article est désormais cette phrase de Christine : « Je recevais mon salaire directement sur M-Pesa ». Pour un lecteur comorien ou français, cela fait immédiatement comprendre que M-Pesa n’est pas seulement un moyen de transfert d’argent mais une véritable infrastructure économique.

ANTUF Chaharane 

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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