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Bagages égarés: Les autorités jugées «indulgentes» face aux manquements des compagnies

Si de temps en temps, il arrive que des passagers très avertis obtiennent des indemnités, après la perte de leurs colis, d’autres, par contre, n’engagent aucune procédure et préfèrent tourner la page, laissant les compagnies s’en tirer. Mais pour certains, ces manquements à répétition seraient limités «si nos autorités haussaient un peu le ton en rappelant à l’ordre les compagnies aériennes avec bien sûr le concours des passagers».

Lundi, un passager de la compagnie Kenya Airways, exprimait son mécontentement sur son mur Facebook. La raison de son coup de gueule ? Il n’a pas pu récupérer ses bagages, trois jours après son arrivée au pays. Parti de Paris, le 16 juin, à destination de Moroni, l’ancien directeur de la Ma-mwe Henri Alphonse Mlanao, puisqu’il s’agit de lui attend toujours qu’on lui ramène sa valise. Mais d’après les témoignages des internautes, ces pertes de bagages ne seraient pas un cas isolé. Certaines compagnies étrangères desservant le pays sont souvent indexées. Pourtant, la situation ne semble pas s’améliorer. Au contraire.

Même les indemnités qui reviennent aux passagers en cas de retards accusés sur le transport des colis ne sont pas forcément versées. Est-ce parce que les propriétaires rechignent à engager une procédure car moins sensibilisés sur leurs droits ? Probablement mais pas que. De l’avis de certains, nos autorités s’intéressent peu à ce sujet et indexent rarement les compagnies si elles manquent à leurs obligations. C’est du moins l’avis d’Ezi-eldine Youssouf, actuel directeur technique de la compagnie Rkomor.

«Toutes les compagnies sont régies par deux règlements», a-t-il avancé : la législation nationale du pays où elles opèrent et les annexes de l’organisation internationale de l’avion civile (Oaci). « Kenya Airways est aussi soumise à son propre règlement qui doit d’abord être remis aux autorités nationales pour validation. Dans celui-ci, ils acceptent que si un passager ne récupère pas ses bagages après 24h, la compagnie versera une indemnité quotidienne. Malheureusement, de nombreux passagers ne perçoivent rien», a ajouté, cet ancien directeur technique de l’Anacm.

Rôle de l’autorité du transport aérien

A l’en croire, toujours pour le cas de Kenya Airways, si le passager avait voyagé en classe économique, le dédommagement est de 100 dollars (45 000 fc ) et 150 dollars pour celui qui a pris un billet 1ère classe. Sauf que ceux qui osent réclamer sont moins nombreux. La plupart d’entre eux ne font rien même si leurs bagages s’égarent définitivement.

«Vous imaginez les sommes que Kenya et les autres compagnies débourseraient si le vol transportait 100 passagers. Si ailleurs de tels désagréments sont rares, c’est parce que les autorités des pays veillent au respect des droits des passagers. Pourquoi les bagages ne se perdent pas pendant de Paris à Addis-Abeba ou Nairobi ? Pourquoi les colis des concitoyens qui partent en France n’arrivent presque jamais en retard là-bas. Uniquement parce que les compagnies craignent les sanctions. Tant que l’autorité du transport aérien ne haussera pas le ton, ça risque de continuer», prévient Ezi-eldine Youssouf.

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacm) peut rappeler à l’ordre les compagnies, a glissé, pour sa part, une source de l’institution qui a préféré intervenir sous l’anonymat. «En tant que régulateur, nous supervisons et veillons sur l’application des textes», a clarifié notre informateur.

Toujours est-il que la première action doit émaner du passager ? Selon l’article 19 d’un arrêté consacré aux droits et obligations relatifs au transport des bagages et passagers, on ne peut saisir l’Anacm que lorsque l’auteur de la doléance estime que la compagnie n’a pas respecté la règlementation nationale. C’est à ce moment-là que le régulateur interpelle lui notifie ses griefs. «Les doléances, on en reçoit et elles visent souvent Kenya et Ethiopian et nous les interpellons toujours», assurera notre source qui a ajouté que le pouvoir de l’Anacm s’arrête aux rappels à l’ordre.

Abdou Moustoifa/ Alwatwan

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