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Azali, «Nous sommes condamnés à échanger pour le bien du pays»

Le chef de l’Etat appelle l’opposition à adhérer, sans complexe, à l’initiative du dialogue national, précisant que les solutions aux problèmes des Comoriens seront apportées par les Comoriens eux-mêmes. Azali Assoumani estime que la communauté internationale aura bien la place qu’elle mérite dans toute discussion d’envergure nationale et ce dans les limites de son statut. Mais les conclusions finales seront prises «au nom de la souveraineté» du pays. «C’est pourquoi, j’appelle tout le monde au débat pour des échanges inclusifs et des conclusions et souveraines».

Le président de la République a rappelé, vendredi dernier à Bandamadji la Domba, que les différentes tendances politiques et celles de la société civile sont appelées à toujours échanger aussi longtemps que les circonstances l’exigent pour le bien du pays. Le message a été livré au cours d’un discours de trente-cinq minutes prononcé à la grande mosquée de vendredi de la localité et axé essentiellement sur l’unité du pays, la cohésion et le dialogue national.

Azali Assoumani a justifié le choix de ses déplacements hebdomadaires qui consiste, selon lui, à partager au moins une journée dans la semaine avec la population. «J’ai pris l’engagement de rencontrer les Comoriens tous les vendredis pour partager ma vision avec eux, c’est mon devoir en tant que président. Je dois aller à la rencontre des citoyens. J’ai donc choisi le vendredi, un jour béni, plein de miséricorde», a-t-il souligné en préliminaire.

«Des exigences à satisfaire, des Couleuvres à avaler»

Le président a longuement appelé à l’unité, à la promotion des grandes valeurs de la société comorienne inspirées de l’Islam. «Nous devons nous inspirer du Coran, les Musulmans doivent toujours se parler, échanger, discuter pour surmonter leurs difficultés légitimes à tout moment que le contexte l’exige», a-t-il souligné.
Contexte politique oblige, Azali Assoumani en a profité pour rappeler que le dialogue national est d’abord «une initiative souveraine» censée mettre à plat les divergences et les pistes pour des solutions. Pour lui, il faut «des solutions qui seront portées par des Comoriens». Rappelant les pourparlers de Bonovo de décembre 2000 avec le colonel Saïd Abdérémane Abeid qui ont abouti à la signature de l’Accord-cadre pour la réconciliation, le chef de l’Etat a évoqué les compromis et les sacrifices difficiles consentis pour créer les conditions de sortie de crise.

«Il a été même demandé de suspendre le drapeau comorien hissé à l’entrée du lieu de la rencontre. J’ai cédé car en temps pareil, il y a des exigences à satisfaire, des couleuvres à avaler, des décisions à prendre, difficiles soient-elles, car le but est de parvenir au but final, à savoir la réconciliation entre tous les Comoriens», a-t-il rappelé. «Ce n’est pas la première fois que les Comoriens, les forces vives du pays, s’assoient ensemble pour se parler et régler leurs différends politiques», a-t-il ajouté.
Azali Assoumani a ainsi brossé l’historique de l’Accord-cadre pour la réconciliation aux Comores signé le 23 février 2001 à Fomboni. Il a fait savoir qu’après des rencontres infructueuses à Tananarive, à Pretoria et à Addis-Abeba, les Comoriens sont parvenus eux-mêmes à mettre un terme à la crise séparatiste.

«Mieux vaut prévenir que guérir»

«Ce jour-là, nous avons trouvé des solutions à notre crise, pourquoi cela ne devrait-il pas être le cas aujourd’hui?», a-t-il mentionné. «Nous avons réussi à nous entendre en 2001 et signé un accord avec la grâce de Dieu. Nous devons prouver encore aujourd’hui que nous sommes capables de nous entendre pour discuter des points qui nous divisent», dit-il.

Le chef de l’Etat appelle ainsi l’opposition à adhérer, sans complexe, à l’initiative du dialogue national, précisant que les solutions aux problèmes des Comoriens seront apportées par les Comoriens eux-mêmes. Azali Assoumani estime que la communauté internationale aura bien la place qu’elle mérite dans toute discussion d’envergure nationale mais les conclusions finales seront prises «au nom de la souveraineté» du pays. «C’est pourquoi, j’appelle tout le monde au débat pour des échanges inclusifs et des conclusions et souveraines», a-t-il mentionné. «Nous sommes condamnés à échanger pour le bien du pays», a-t-il insisté.

Le chef de l’Etat a exprimé sa volonté de garantir toujours le pluralisme des opinions, expliquant qu’aucun être humain ne peut réussir sans tenir compte des idées et des positions de l’autre. «Personne au monde ne peut vivre en vase clos. Nous avons toujours besoin de collaborer, d’échanger et de travailler avec l’autre y compris l’opposant pour le bien de la société

. Nous avons le devoir de nous retrouver à chaque instant, et à tous les niveaux pour échanger. Mieux vaut prévenir que guérir. Il est nécessaire de poser les problèmes et arrêter les solutions», a-t-il expliqué. «Certains veulent faire croire que nous allons parler seulement des élections. Il n’y a pas que les élections, il y a bien d’autres sujets qui méritent d’être débattus par l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile», a-t-il conclu.

A.S. Kemba / Alwatwan

La Rédaction

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