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Affaire citoyenneté économique : Sambi sera bientôt jugé

Le procès de l’ancien chef de l’État Ahmed Abdallah Sambi, poursuivi dans l’affaire de vente de passeports comoriens à des apatrides, devrait s’ouvrir « fin mai ou début juin » selon nos informations.

Le 19 mai 2018, l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi est placé sous résidence surveillée par une note du secrétaire général du ministère de l’intérieur qui lui reprochait de « troubles à l’ordre public ». Hier jeudi 19 mai, son avocat Me Mahamoudou Ahamada est revenu sur les circonstances qui ont conduit son client à l’assignation à résidence. L’avocat assure « ne pas avoir le souvenir » qu’une telle procédure ait été appliquée à quiconque depuis l’indépendance des Comores. Une façon sans doute de fustiger la décision inique du ministère de l’intérieur. « Il fallait attendre le régime d’Assoumani Azali pour que des décisions administratives privent les gens de leurs libertés », devait-il cogner lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion à son cabinet.

Au mois d’aout de la même année, la justice a placé l’ancien chef d’État sous mandat de dépôt toujours dans sa résidence de Voidjou transformé depuis en prison annexe, pour l’affaire de vente de passeports comoriens à des apatrides. Selon nos informations, la somme qui est en jeu dans cette affaire aux multiples ramifications s’élève à « 971 millions de dollars ». C’est « le manque à gagner » qu’auraient relevé les enquêteurs. Encore faut-il rappeler que les anciens vice-présidents Nourdine Bourhane et Mohamed Ali Soilihi alias Mamadou sont parmi les personnalités mises en cause dans cette affaire.

Pour l’heure, aucune date n’a été communiquée pour le procès. Selon certaines indiscrétions, il devrait avoir lieu « fin mai ou début juin ». « On est en train de peaufiner le dossier », dit-on dans les coulisses. Début janvier, le chef de l’État avait, devant la presse, émis le souhait que le procès de son prédécesseur se tienne « après le ramadan ». « On ne m’a communiqué aucun calendrier. Je ne suis au courant de rien », répond Me Mahamadou Ahamada à une question sur l’ouverture du procès. Il faut dire que tout porte à croire que le procès de Sambi, poursuivi pour « corruption et détournement de deniers publics, faux et usage de faux », devrait se tenir pour bientôt, celui de son poulain le gouverneur déchu d’Anjouan, Salami, détenu depuis octobre 2018 après avoir tenté de s’opposer aux réformes constitutionnelles, étant déjà tenu depuis le mois de mars dernier.

Andjouza Abouheir / LGDC

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