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Vih-Sida : «La plupart de ces personnes ont entre 20 et 40 ans»

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, Al-watwan s’est approché de Sida Espoir, une des organisations de la société civile qui mène ce combat à Ndzuani, pour un bref tour d’horizon sur le sujet. Son directeur exécutif, Abdouroihmane Mohamed, pense que si les préjugés autour de cette maladie persistent, c’est à cause d’un mauvais départ de la sensibilisation, mais selon lui, le sida n’est plus ce phénomène angoissant qui apparaissait à ses débuts.

Il y a actuellement combien de malades du sida à Ndzuani ?

l faut déjà faire la différence entre les malades du sida et les porteurs du virus, car certaines personnes les confondent. Les personnes malades du sida se trouvent généralement à l’hôpital. Celles qui ont seulement le virus, on dit qu’elles sont séropositives.

Pour répondre à la question, nous n’avons plus aucun malade du sida hospitalisé. Il y a par contre des personnes séropositives, au nombre de onze. Du moins celles qui bénéficient d’un suivi médical permanent. Car il y a en effet d’autres porteurs du virus qui n’ont pas accepté d’être suivis.

Quelle est la tranche d’âge la plus touchée ?

La plupart de ces personnes ont entre 20 et 40 ans.

Et quel est le milieu professionnel, social, géographique le plus touché ?

Du moment qu’il est avéré que le sida existe dans notre pays. Chacun doit se dire qu’il existe aussi probablement dans sa localité. Ce sont des questions auxquelles je ne peux pas répondre. La loi me l’interdit.

Vous avez pu dépister combien de personnes cette année ?

Nous avons démarré une campagne depuis le 20 novembre dernier mais jusqu’à maintenant elle n’est pas bouclée, donc je n’ai pas encore les résultats. Car nous devons au final savoir combien de tests ont été utilisés, et combien en tout restent pour pouvoir arrêter un nombre précis des dépistages effectués, mais nous n’y sommes pas encore.

Parvient-on facilement à respecter la confidentialité des patients ? Aucun ne s’en est jamais plaint ?

Non, il n’y a jamais eu de fuite. Aucun patient ne s’est jamais plaint par rapport à une fuite sur son identité ou à une stigmatisation. Et pourtant, ils sont là, ils ont leur association et ils se rencontrent tout le temps. Moi-même je ne les rencontre pas mais je reçois seulement des rapports émanant d’un intermédiaire qui les suit.

Et au sein de leurs familles, est-ce que la prise en charge y est convenable ?

Nous ne nous mêlons pas de leur vie familiale. Je sais toutefois qu’il y a un couple qui est là, l’un des époux est séropositif et l’autre séronégatif. Ils mènent tranquillement leur vie, font leurs enfants, et ces derniers ne portent pas le virus. D’ailleurs, il faut savoir que, pour la femme enceinte, le risque de transmettre le virus à son bébé existe seulement si elle n’est dépistée qu’au terme de sa grossesse. Sinon si elle est dépistée tôt, elle est traitée avec les antirétroviraux, grâce auxquels elle ne transmet le Vih ni à son enfant, ni à son partenaire.

Donc le niveau de prise en charge médicale que l’on a atteint aujourd’hui montre que le Vih-sida n’est plus aussi angoissant qu’auparavant…

Non en effet… C’est plutôt la sensibilisation menée autour du Vih-sida au début, comme quoi c’est une maladie de débauche, qui a été mal faite. Aujourd’hui, l’on peut dire que l’hypertension est plus difficile à prendre en charge que le sida. Si l’on est dépisté tôt, et que l’on suit le traitement correctement, l’on vit alors normalement comme tout le monde, et l’on meurt d’autre chose que du sida.
Enfin, comme vous venez de nous l’apprendre, à votre avis pour quelles raisons certaines personnes

séropositives choisissent de se soustraire au suivi médical ?

A mon avis, c’est pour des raisons personnelles. Elles craignent peut-être d’être identifiées… La plupart ne restent même pas ici, elles préfèrent fuir vers Mayotte. C’est d’ailleurs, ce qui fait que le nombre de malades du sida à Mayotte est beaucoup plus élevé que dans le reste de l’archipel.

Ils se sentent plus à l’aise là-bas. Heureusement, nous avons de bonnes relations avec l’association qui s’occupe de ces personnes là-bas. Nous l’informons de ces fuites et elle s’en occupe.

Sardou Moussa/ Alwatwan

La Rédaction

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