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Religion : Aux Comores, la foi chrétienne interdit-elle le prosélytisme ?

Les îles Comores ont fait partie du vicariat apostolique de Maurice avant que Mayotte soit rattachée à la nouvelle préfecture apostolique « Sainte Marie, Mayotte et Nosi Bee », le 04 septembre 1848. Trois ans plus tard (le 27 janvier 1851), la préfecture apostolique est agrandie dans les autres îles. Sur ce, les prêtres des missions étrangères de Paris ont desservi Moroni de 1985 à 1991. Et le pays est érigé en administration apostolique. Une religion avec 6.000 fidèles.

Enquêtes. En Union des Comores, des bâtiments se sont musés en église catholique. C’est à Ngazidja, Anjouan et Maoré. Des croix au-dessus des édifices. Des lieux de culte. Des cérémonies religieuses. Les fidèles célèbrent le culte avec leur contemporain. Un culte mondial. Pour le chef de l’église catholique, les Comores comptent 6.000 chrétiens, soit 50%. 4.500 à Mayotte, soit 37,5% et 1.500 pour Anjouan, Mohéli et Grande-Comores, soit 12,5%. « Ces chiffres ne concernent que les chrétiens étrangers qui vivent aux Comores. Ils peuvent varier », selon le Père Charles Mahuza Yava. « L’église catholique est implantée pour accompagner ces fidèles », martèle-t-il. La présence catholique sur la partie indépendante des Comores surtout, est tolérée mais aussi appréciée suite aux œuvres sociales et humanitaires de l’église menée sur le plan sanitaire.

Le vicariat apostolique

Les îles Comores ont fait partie du vicariat apostolique de Maurice avant que Mayotte soit rattachée à la nouvelle préfecture apostolique « Sainte Marie, Mayotte et Nosi Bee », le 04 septembre 1848. La préfecture apostolique est administrée par le vicaire apostolique de Madagascar septentrional en 1900. La préfecture est reconstituée et confiée aux capucins en 1932 en plus un territoire pris sur la grande île et devient vicariat apostolique d’Ambanja en mars 1951 et diocèse en septembre 1955. C’est en juin 1975, un mois avant la proclamation de l’indépendance que l’archipel des Comores est érigé en administration apostolique. En 1995, les capucins ont quitté les Comores et les missions étrangères ont repris l’intérim en 1998.

Plus tard, le pape Jean Paul II a demandé au supérieur général de la société du divin sauveur polonais de maintenir la présence de l’église catholique aux Comores. Le père Jan Szpilka a été nommé administrateur apostolique en avril 1998 pour une période de 5 ans. Et depuis que les Comores sont érigées en administration apostolique, le vicariat a connu 8 administrateurs apostoliques. Ce n’est qu’en mai 2010 où le vicariat connait son neuvième administrateur apostolique. Le pape Benoit XVI a élevé l’ancienne administration apostolique de l’archipel des Comores au rang de vicariat apostolique et a nommé le Père Charles Mahuza Yava, premier vicaire apostolique. D’origine congolaise (Kinshasa), le Père Charles Mahuza Yava est membre de la société du divin sauveur.

La conversion interdite pour les comoriens ?

La mission catholique aux Comores n’est qu’une mission sociale. « La population autochtone est 100% musulmane. La conversion est strictement interdite pour les comoriens. On ne peut même pas essayer de convertir les gens », confie le Père Charles Mahuza Yava, vicaire apostolique aux Comores. « Le christianisme était tourné rien que pour les étrangers qui vivaient aux Comores », a déclaré le Père Charles Mahuza Yava. Les missionnaires étaient installés, dit-il, et respectés la foi musulmane des comoriens. « Les comoriens étaient musulmans et les missionnaires n’ont pas forcé les gens à se convertir en catholiques. Et cela a continué jusqu’à nos jours. Notre culte est pour les étrangers qui vivent aux Comores. Nous ne faisons rien pour convertir les comoriens », explique-t-il. Et de confirmer, « à ma connaissance, aucun comorien converti en christianisme aux Comores. Il n’y a que nous, chrétiens. Certes, je sais qu’il y a des comoriens qui demandent d’être convertis en christianisme et nous refusons parce que ce n’est pas notre mission. Les comoriens sont des musulmans et la présence du christianisme ou de l’église catholique sur le territoire comorien, c’est pour entretenir le christianisme, sauvegarder les chrétiens qui vivent aux Comores. »

Le prosélytisme

Le père a rappelé qu’il y a une femme mahoraise convertie au christianisme mais « c’est avant mon arrivée aux Comores. » « A Mayotte, il y a cette liberté mais les gens sont attachés à leur religion. Il y a une forte pression de la société qui empêche la conversion. La religion est une conviction de foi. Et c’est un principe pour nous », a-t-il laissé entendre. Pour le Père, s’ils ne font pas du prosélytisme, c’est parce qu’il n’est pas indiqué dans leur culte. « Nous ne sommes pas permis à obliger les gens à se convertir en catholiques. Nous ne sommes pas obligés aussi à faire du prosélytisme, c’est-à-dire à appeler des gens à se convertir », indique le Père Charles Mahuza.

Des prières pour les catholiques étrangers ?

A chaque jour, les chrétiens prient et célèbrent leur foi. Des prières interdites pour les comoriens selon ce chef religieux. « Les comoriens ne sont pas les bienvenus dans notre église. J’ai déjà vu un anjouanais qui se présentait avec un document de baptême. J’ai dit non. Nous évitons d’une part pour ne pas avoir des problèmes avec des comoriens et ce n’est pas la mission de notre église », précise le Père Charles Mahuza Yava.

« Au début, j’ai senti qu’on ne nous a pas acceptés. J’habitais ici et on nous a jetés des cailloux même à l’église. Mais je crois que les gens ont compris que nous ne faisons pas du mal à personne. On est là, nous accueillons tout le monde. Aujourd’hui, je ne rencontre aucun problème. Nous sommes bien acceptés. Aucun conflit religieux », raconte-t-il. Nous (Al-fajr) avons demandé à se rendre à l’église pour distinguer les nationalités des chrétiens, en vain. Le père Charles Mahuza Yava nous a répondu qu’on ne va pas nous laisser y entrer.

Kamaldine Bacar. A / Al fajr

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