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Refus de visa : Moudjahid confond liberté de circulation, droit au visa et cohérence diplomatique

Photo publiée par Moudjahid pour répondre à Comoresinfos

Moudjahid reprend une posture qu’il affectionne, celle de l’avocat qui se place au-dessus de la mêlée, convaincu d’avoir compris ce que les autres seraient incapables de saisir. Il faut reconnaître que l’autoproclamé avocat de Maître Mzimba ne cesse de plaider sa cause sur les réseaux sociaux, avec pour seul objectif de faire passer l’ancien ministre des affaires étrangères pour une victime.

Dans une publication sur Facebook, il reproche à Comoresinfos de confondre les relations entre les peuples, les différends entre les États, la liberté d’expression et la circulation des personnes. Pourtant, son raisonnement n’est pas aussi subtil qu’il le prétend. Il mélange surtout plusieurs débats pour éviter de répondre à la question politique posée.

Sous sa publication, plusieurs lecteurs reconnaissent d’ailleurs ne pas comprendre sa démonstration. Certains parlent de « réponses vagues », tandis que d’autres déclarent ne rien saisir. Lorsqu’une conclusion demeure incompréhensible pour une grande partie du public, il faut peut-être interroger la clarté de la méthode plutôt que l’intelligence des lecteurs.

Comoresinfos n’a jamais présenté le visa comme une récompense.

Comoresinfos n’a jamais affirmé qu’un visa devait récompenser l’obéissance. Nous n’avons jamais soutenu qu’un citoyen comorien devait se taire pour avoir le droit d’entrer en France, ni que toute critique de la politique française devait être interdite.

Maître Mzimba reste parfaitement libre de réclamer la rupture des relations diplomatiques, de demander à la France de « plier bagage » ou de défendre toutes les orientations politiques qu’il souhaite.

Mais la liberté d’expression n’efface pas la liberté de contradiction.

Lorsqu’un responsable politique réclame le départ de la France, puis sollicite l’autorisation d’entrer sur le territoire français, chacun est libre de relever une incohérence politique. Notre éditorial s’est placé sur ce terrain, et nous maintenons cette position.

Et puis Moudjahid invoque la liberté de circulation comme un droit fondamental universel. Mais il confond le droit de circuler et de quitter son pays avec un prétendu droit général d’entrer dans n’importe quel État étranger.

L’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques protège notamment la liberté de circulation à l’intérieur d’un État, le droit de quitter un pays et celui de rentrer dans son propre pays. Il ne crée pas un droit automatique permettant à chacun d’entrer dans tous les pays de son choix.

Le fait d’avoir le droit de quitter les Comores n’oblige donc pas la France à autoriser l’entrée sur son territoire. Les liens familiaux, professionnels ou économiques peuvent être examinés par l’administration, mais ils ne garantissent pas systématiquement l’obtention d’un visa.

De même, l’appartenance des Comores à la zone franc ne crée aucun espace de libre circulation comparable à l’espace Schengen.

Et puis l’exemple de la participation de l’Iran à la Coupe du monde 2026 ne démontre pas ce que Moudjahid prétend.

La participation d’une sélection nationale à une compétition internationale relève d’un dispositif particulier : accréditations sportives, procédures spécifiques, engagements des organisateurs et négociations avec les autorités des pays concernés.

Une délégation participant à une compétition organisée par la FIFA ne peut pas être simplement comparée à une demande individuelle de visa.

Le cas de l’arbitre somalien Omar Artan, confronté à des difficultés d’entrée aux États-Unis malgré sa sélection, son statut et ses documents de voyage, montre justement qu’une accréditation internationale ne garantit pas automatiquement l’admission sur un territoire.

Maître Mzimba peut naturellement contester le refus de visa, demander la communication des motifs et exercer les recours prévus par le droit.

Mais Comoresinfos peut, parallèlement, considérer que cette décision apparaît politiquement cohérente au regard de ses déclarations publiques.

Il faut distinguer deux questions.

La première est administrative et juridique : le refus de visa est-il légalement justifié ?

La seconde est politique : est-il cohérent de réclamer le départ de la France tout en souhaitant entrer sur son territoire ?

Moudjahid répond longuement à la première question pour éviter d’affronter la seconde.

La photographie choisie par Moudjahid aux côtés de Juan Branco ne renforce pas son raisonnement.

Poser avec Juan Branco, Kemi Seba, un procureur russe ou toute autre figure présentée comme contestataire ne transforme pas une approximation en démonstration juridique.

Photo publiée par Moudjahid pour répondre à Comoresinfos

Dans un débat sérieux, la mise en scène, les symboles et les fréquentations ne remplacent ni les textes, ni la précision, ni la compétence.

Son panafricanisme peut également être interrogé. Son ancienne intervention en faveur de Moroni Terminal, alors liée aux intérêts du groupe Bolloré Afrique, n’était pas nécessairement illégitime. Mais il devrait éviter de se présenter comme l’unique gardien de la dignité africaine.

Les anciens affrontements entre Moudjahid et Mzimba rendent d’ailleurs leur rapprochement intéressant. Les adversaires d’hier peuvent rapidement devenir alliés lorsqu’ils se découvrent un adversaire commun : ici, la politique de la France en Afrique.

Socrate disait : « Je ne crois pas savoir ce que je ne sais point. » Cette prudence intellectuelle semble manquer dans la publication de Moudjahid.

 

Notre position ne change donc pas.

Nous ignorons le motif administratif exact du refus de visa opposé à Maître Mzimba. Nous ne prétendons pas connaître les éléments contenus dans son dossier.

Nous affirmons simplement qu’au regard de ses déclarations publiques, cette décision peut apparaître politiquement et diplomatiquement cohérente.

Maître Mzimba est libre de combattre la politique de la France. Moudjahid est libre de soutenir ceux qui mènent ce combat. Et Comoresinfos est libre de relever la contradiction lorsqu’une personne demande à entrer dans le pays dont elle réclame publiquement le départ des Comores.

Nous sommes également libres de combattre les discours de haine, quelles que soient les robes d’avocat, les photographies ou les références juridiques derrière lesquelles ils tentent de se dissimuler. 

Missubah Saïd 

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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