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Nairobi : plus d’un milliard d’euros d’accords entre la France et le Kenya… et une stratégie africaine qui s’accélère

 

En déplacement à Nairobi aux côtés du président kényan William Ruto, le président français a supervisé la signature d’une série d’accords économiques, technologiques et stratégiques dont le montant global dépasse le milliard d’euros. Derrière ces signatures, c’est une véritable bataille d’influence, d’investissements et de présence économique qui se joue désormais sur le continent africain. 

Le document révèle dix accords touchant des secteurs extrêmement sensibles : nucléaire, énergie, numérique, transport maritime, agriculture, météo stratégique ou encore biocarburants. Une offensive économique française qui montre que le Kenya devient progressivement l’un des partenaires africains les plus stratégiques de Paris.

Parmi les annonces les plus marquantes figure une déclaration d’intention sur l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. La France souhaite accompagner le Kenya dans le développement de cette filière, en mettant à disposition son expertise sur les réacteurs, la sûreté nucléaire et les cadres réglementaires. 

Ce choix est loin d’être anodin. Le nucléaire représente aujourd’hui un enjeu majeur de souveraineté énergétique. En s’implantant sur ce terrain au Kenya, Paris cherche clairement à renforcer son influence technologique en Afrique de l’Est.

Le groupe français Meridiam a signé un partenariat avec Craftskills Energy Limited pour développer un parc éolien accompagné d’un système de stockage par batteries. 

Dans le même temps, l’Agence française de développement (AFD), avec une garantie de l’Union européenne, prévoit un financement de 85 millions d’euros pour le rehaussement du barrage de Masinga. L’objectif : augmenter la capacité hydroélectrique du Kenya, renforcer le réseau électrique et mieux gérer les crues.

Autrement dit, la France ne se contente plus de coopération diplomatique classique : elle cherche désormais à devenir un acteur structurel des infrastructures africaines.

Autre accord stratégique : le géant français CMA CGM souhaite participer au développement d’un nouveau terminal de containers dans le port de Mombasa via une joint-venture avec le gouvernement kényan. 

Le port de Mombasa est l’un des plus importants hubs maritimes d’Afrique de l’Est. Contrôler ou influencer ses infrastructures représente un enjeu colossal pour le commerce régional.

Le groupe Rubis Energy et Kenya Airways ont également signé un accord autour d’une future usine de production de biocarburants estimée à 60 millions d’euros. 

Le projet vise à produire du carburant d’aviation durable à partir de matières premières locales. Une manière pour la France de se positionner aussi sur la transition écologique africaine.

Le numérique occupe aussi une place centrale dans ces accords. L’AFD et le ministère kényan du numérique envisagent un projet de 80 millions d’euros pour déployer de la fibre optique et connecter près de 3 000 institutions publiques kényanes. 

À travers ce type d’investissement, la bataille ne concerne plus seulement les routes ou les ports. Elle touche désormais les données, les réseaux et l’infrastructure numérique du futur.

Même le thé kényan est concerné. Le groupe français Palais des Thés veut accompagner les producteurs locaux afin de développer des “Grands Crus” kényans destinés au marché international.

La France tente ici d’appliquer au Kenya une logique de valorisation haut de gamme déjà utilisée dans la gastronomie et les produits agricoles européens.

Ce déplacement montre surtout une chose : alors que plusieurs pays africains remettent en cause l’influence française traditionnelle en Afrique de l’Ouest, Paris semble accélérer sa stratégie vers l’Afrique de l’Est.

Le Kenya apparaît aujourd’hui comme un partenaire stable, ambitieux technologiquement, ouvert aux investissements étrangers et stratégiquement situé entre l’Afrique, l’océan Indien et les grands corridors commerciaux mondiaux.

Derrière les discours diplomatiques, ces accords révèlent donc une réalité beaucoup plus profonde : une nouvelle compétition économique et géopolitique est en train de se jouer sur le continent africain. 

ANTUF Chaharane

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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