À Moroni, le témoignage de Soifia, nom que nous donnons à cette femme afin de préserver son identité, raconte une histoire douloureuse où se mêlent confiance, dette, grand mariage et décès. Une affaire qui, selon elle, continue de la poursuivre alors que l’homme à qui elle avait remis son argent n’est aujourd’hui plus de ce monde.
Soifia affirme avoir confié une importante somme d’argent à un père de famille de Moroni. Selon son récit, l’homme aurait reconnu devoir cette somme et signé une reconnaissance de dette en présence d’un témoin, document qui aurait ensuite été enregistré à la préfecture de Moroni.
Avant son grand mariage, raconte-t-elle, son débiteur lui aurait demandé de patienter afin d’éviter que cette affaire ne l’expose publiquement et ne porte atteinte à son honneur. Il lui aurait promis de la rembourser une fois les cérémonies terminées. Soifia dit avoir accepté.
Mais quelques mois seulement après le mariage, l’homme est décédé.
La douleur ne s’arrête pas là. Soifia affirme qu’avant l’enterrement, à la mosquée, des membres de la famille du défunt se seraient engagés à régler ses dettes. Une promesse qui, selon elle, n’aurait finalement pas été tenue.
« Une fois enterré, ses frères, sœurs, enfants et nièces refusent de payer. De mon côté, je n’ai rien pardonné », témoigne-t-elle avec amertume.
En islam, la dette est une responsabilité particulièrement sérieuse. Le Coran recommande même de mettre les dettes par écrit lorsqu’elles sont contractées (sourate Al-Baqara, verset 282). Dans les règles successorales, le règlement des dettes du défunt intervient également avant le partage de l’héritage, comme le rappellent les versets 11 et 12 de la sourate An-Nisa.
Un hadith rapporté par At-Tirmidhi avertit également que « l’âme du croyant reste suspendue à sa dette jusqu’à ce qu’elle soit acquittée ».
Au-delà du conflit financier, le témoignage de Soifia pose donc une question morale et religieuse particulièrement lourde : que devient une dette lorsqu’un homme meurt sans avoir pu honorer sa parole ?
Les affirmations rapportées dans ce témoignage restent celles de Soifia et nécessiteraient d’être confrontées à la version de la famille concernée.
IBM



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