Dans l’affaire du meurtre de Naïcha Mmadi Abdou. Fahami Moustoifa a été condamné à la peine de mort, tandis qu’Athoumane a écopé de 25 ans de réclusion criminelle. Le troisième accusé, El Amine, a été acquitté.
Ces trois décisions très différentes marquent une étape majeure dans une affaire qui a profondément bouleversé la population comorienne. Mais le dossier pourrait connaître un nouveau prolongement judiciaire : le procureur général, Ahamada Hamidou, a annoncé son intention de contester la peine prononcée contre Athoumane ainsi que l’acquittement d’El Amine.
Des décisions différentes des réquisitions
Le ministère public avait requis la peine capitale contre Athoumane et la réclusion criminelle à perpétuité contre El Amine. La Cour n’a donc pas entièrement suivi les réquisitions du parquet.
Athoumane a finalement été condamné à 25 ans de réclusion criminelle. El Amine, poursuivi dans cette même affaire, a été acquitté. Selon Al-Watwan, ce dernier, présenté comme l’oncle du principal accusé, était poursuivi pour complicité passive.
Le parquet général a annoncé vouloir faire appel de ces deux décisions. À ce stade, il s’agit cependant d’une intention annoncée publiquement : le dépôt effectif du recours et son contenu précis restent à confirmer. La condamnation à mort de Fahami Moustoifa ne serait pas concernée par cet appel partiel annoncé.
Une affaire qui a bouleversé le pays
Naïcha Mmadi Abdou, originaire de Fumbuni, avait disparu pendant trois jours avant que sa dépouille calcinée ne soit retrouvée le 22 mai dans un champ à Dzahadju-Mbadjini. La découverte de son corps avait suscité une immense émotion et de nombreux appels à une justice exemplaire.
Le verdict apporte une première réponse judiciaire à la famille de la victime et à une population qui suivait ce procès avec attention. Il soulève néanmoins plusieurs questions, notamment sur les éléments qui ont conduit la Cour à prononcer la peine capitale contre l’un des accusés, une peine de 25 ans contre le deuxième et l’acquittement du troisième.
La publication des motivations détaillées de la décision permettrait de mieux comprendre cette différence de traitement judiciaire.
La peine de mort de nouveau au centre du débat
La condamnation prononcée contre Fahami Moustoifa va également relancer le débat sur la peine capitale aux Comores. Celle-ci demeure prévue par la législation comorienne. Amnesty International indique qu’au moins deux condamnations à mort avaient déjà été prononcées dans le pays en 2025, après une période d’interruption.
Une condamnation à mort ne signifie toutefois pas qu’une exécution est immédiate. Il faudra suivre les éventuelles procédures judiciaires, les recours possibles et la décision définitive des autorités compétentes.
Pour la famille de Naïcha, ce verdict représente une étape importante, mais peut-être pas encore la fin de l’affaire. Le recours annoncé par le parquet pourrait ouvrir un nouveau chapitre concernant Athoumane et El Amine. Au-delà des peines et des débats juridiques, ce procès reste avant tout celui d’une jeune femme dont la vie a été brutalement interrompue.
Said Hassan Oumouri



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