Le chantier du village des Jeux commence à changer de visage à Moindzaza Djoumbé. En visite aux Comores pour suivre les préparatifs des Jeux des îles de l’océan Indien 2027, Philippe Hao Thyn Voon, président du Conseil international des Jeux (CIJ), s’est montré très satisfait de l’évolution des travaux. Il a rencontré le président du comité d’organisation comorien, Mohamed Issimaila, lundi 12 octobre.
Dans la vidéo de sa visite, le président du CIJ compare le chantier à ce qu’il avait vu lors d’un précédent passage, deux mois plus tôt. À l’entendre, il n’y avait alors presque rien ; aujourd’hui, les constructions sont visibles. Les premières villas sont effectivement sorties de terre et plusieurs zones du site sont en travaux simultanément.
Cette satisfaction a aussi une dimension personnelle. Philippe Hao Thyn Voon défend depuis plusieurs années l’idée que les Comores puissent, à leur tour, organiser ces Jeux, déjà accueillis plusieurs fois ailleurs dans l’océan Indien. En 2024, il avait déclaré vouloir aider personnellement le pays à réussir cette première édition sur son territoire.
L’enthousiasme du président du CIJ ne signifie toutefois pas que le village est terminé. Le programme porte sur 200 villas destinées à loger les délégations. Lors d’une visite du chantier le 30 septembre, ses responsables annonçaient un objectif de 60 villas à la mi-novembre et une livraison de l’ensemble au 31 mai 2027. Les prochains mois devront montrer si cette cadence peut être tenue.
Une autre question se dessine déjà : que deviendront ces infrastructures après les Jeux ? Pour le village, un projet est annoncé. Les villas doivent être proposées à l’achat et former un quartier résidentiel permanent, ouvert notamment aux résidents et à la diaspora. Une enquête préparatoire évoque un prix de départ indicatif de 70 millions de francs comoriens, soit environ 142 000 euros. Reste à savoir qui pourra réellement y accéder et comment seront financés l’entretien des routes et les services communs du quartier.
Pour la piscine olympique et le gymnase, l’enjeu est encore plus direct : une fois les athlètes repartis, qui fera fonctionner ces équipements, les entretiendra et permettra aux jeunes Comoriens de les utiliser ? Les progrès salués aujourd’hui par le président du CIJ devront aussi se mesurer, après 2027, à la vie que les Comores sauront donner à ces lieux.
ANTUF Chaharane



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