La hausse des prix du carburant continue de produire ses premiers effets visibles dans la vie quotidienne des Comoriens. Cette fois, c’est l’accès à l’eau qui inquiète de nombreux habitants, alors que les vendeurs d’eau en bidons ont rejoint le mouvement de grève.
Dans plusieurs quartiers de Moroni et de ses environs, les robinets restent régulièrement à sec. Une situation loin d’être nouvelle. Depuis plus d’une décennie, la capitale de l’Union des Comores subit d’importantes pénuries d’eau à cause d’infrastructures vieillissantes installées dans les années 1970, à une époque où la ville comptait seulement quelques milliers d’habitants.
Face à ces coupures répétées, une grande partie de la population dépend désormais des vendeurs d’eau transportant des jerrycans dans les quartiers. Mais avec la flambée du carburant et la grève en cours, ce système parallèle commence lui aussi à vaciller.
À Volovolo, Hadili raconte avoir découvert brutalement les conséquences de la hausse du carburant. Sa mère lui avait donné l’argent habituel pour aller chercher un jerrycan d’eau. Mais arrivé sur place, le jeune homme apprend que le prix a augmenté.
« Quand je suis arrivé, le vendeur m’a expliqué que le prix avait changé à cause de l’essence. L’argent que ma mère m’avait donné ne suffisait plus », témoigne-t-il.
Comme beaucoup d’habitants, Hadili explique avoir compris ce jour-là à quel point la hausse du carburant se répercute désormais sur toute la vie quotidienne. Transport, nourriture, eau : tout augmente progressivement.
Pour de nombreuses familles, ces augmentations successives deviennent difficiles à supporter dans un contexte où les revenus restent très faibles. Car derrière chaque bidon d’eau vendu plus cher, il y a le coût du transport, du carburant et les difficultés d’approvisionnement dans une ville où l’eau manque déjà régulièrement.
Pour beaucoup d’habitants, la situation devient symbolique d’une crise plus profonde : aux Comores, même l’accès à l’eau dépend désormais du prix du carburant. Une réalité qui alimente encore davantage la frustration populaire depuis l’annonce présidentielle de l’augmentation des prix à la pompe.
Alors que les syndicats de transporteurs, le secteur privé et plusieurs acteurs de la société civile contestent déjà cette décision, la crise de l’eau rappelle brutalement que les conséquences touchent désormais les besoins les plus essentiels de la population.
ANTUF Chaharane


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