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« Il n’y a aucun ministre de notre village » : réclame Ivembeni à Azali. Quand la politique se résume à la course aux nominations.

 

Le communiqué attribué à des habitants d’Ivembeni, demandant pourquoi aucun fils ou fille de leur village n’occupe aujourd’hui un poste important dans l’État, mérite davantage qu’une simple polémique. Qu’il représente ou non l’ensemble du village, ce texte met en lumière une réalité beaucoup plus profonde : notre manière de concevoir la politique.

Depuis plus de cinquante ans d’indépendance, la vie politique comorienne semble fonctionner selon une logique bien connue. Une partie de la population attend avant tout que le pouvoir nomme des personnes issues de son village, de sa région ou de son entourage. En retour, les responsables politiques utilisent souvent ces nominations pour consolider leur soutien politique.

Ainsi, le débat public se concentre fréquemment sur une question : « Qui a obtenu quel poste ? » plutôt que sur une autre, pourtant essentielle : « Quel est le projet pour développer le pays ? »

Cette culture politique ne dépend pas uniquement des dirigeants. Elle est aussi alimentée par les attentes d’une partie de la population. Tant que les citoyens jugeront principalement un pouvoir au nombre de postes obtenus par leur village, les responsables politiques auront peu d’intérêt à convaincre par des réformes ambitieuses, des résultats économiques ou des programmes de développement.

Pourtant, les Comores regorgent de femmes et d’hommes compétents, capables de proposer des solutions sur l’éducation, l’économie, l’agriculture, la justice ou encore l’emploi. Beaucoup finissent cependant par se décourager. Lorsqu’ils présentent des idées ou des programmes, ils sont parfois considérés comme déconnectés des réalités politiques, où les rapports de force et les équilibres entre villages prennent souvent le dessus sur le débat d’idées.

Le résultat est connu : de nombreux talents choisissent de construire leur carrière à l’étranger, où leurs compétences sont davantage valorisées.

Cela ne signifie pas qu’il ne faut jamais dénoncer une injustice dans les nominations. L’égalité des chances et la reconnaissance des compétences sont des principes importants. Mais la priorité nationale ne devrait pas être de savoir combien de ministres viennent de tel ou tel village. La véritable question devrait être : les personnes nommées sont-elles les plus compétentes, et leurs décisions améliorent-elles concrètement la vie des Comoriens ?

Peut-être que le véritable défi des Comores, cinquante et un ans après l’indépendance, n’est pas seulement de changer les dirigeants. Il est aussi de faire évoluer notre culture politique, en passant d’une logique de partage des postes à une logique de partage des solutions. C’est sans doute à cette condition que le pays pourra transformer son potentiel en véritable développement.

ANTUF Chaharane

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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