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51 ans d’indépendance: « La lutte contre la corruption est le véritable point de départ du développement », estime Youssouf Ali Abdallah

À l’occasion du 51ᵉ anniversaire de l’indépendance des Comores, Comoresinfos poursuit sa série d’entretiens consacrés aux regards de citoyens engagés sur l’avenir du pays. Enseignant formateur en qualité et sécurité des produits de santé et des aliments, et administrateur principal de la plateforme Yous Solutions, Youssouf Ali Abdallah livre une analyse critique des défis auxquels l’archipel est confronté. Il appelle à un sursaut collectif, plaçant la lutte contre la corruption au cœur de toute ambition de développement.

Comoresinfos : Cinquante-et-un ans après l’indépendance, que représente encore cette date pour vous ?

Youssouf Ali Abdallah : L’indépendance revêt une forte portée symbolique. Au-delà de la souveraineté politique, elle nous rappelle l’importance de préserver ce qui fonde notre identité nationale : notre culture, nos traditions et nos valeurs. Cet héritage constitue un pilier essentiel de la nation et doit être transmis aux générations futures.

Quels sont, selon vous, les principaux obstacles qui freinent aujourd’hui le développement des Comores ?

Les défis sont nombreux. Le manque de patriotisme chez certains de nos concitoyens est une réalité, mais le principal frein reste la corruption, qui s’est progressivement installée dans les pratiques et tend à être perçue comme normale. Ses conséquences sont visibles dans tous les secteurs : une économie peu dynamique, une pauvreté persistante et une jeunesse contrainte de partir à l’étranger pour étudier, travailler ou se soigner.

Pour changer cette situation, les Comores doivent engager de véritables politiques publiques favorisant la croissance économique, la réduction de la pauvreté et l’amélioration durable des conditions de vie de la population.

 Quel message adressez-vous à la jeunesse comorienne en ce jour de célébration nationale ?

Notre pays est jeune. Plus de 60 % de la population est composée de jeunes, ce qui leur confère une responsabilité particulière dans l’avenir des Comores. Après plus d’un demi-siècle d’indépendance, le bilan oblige à reconnaître que les générations précédentes n’ont pas atteint les résultats espérés dans plusieurs domaines.

La jeunesse doit désormais s’engager avec courage, lucidité et détermination. Elle doit refuser la banalisation de la corruption, défendre la transparence et exiger une gouvernance responsable. C’est à cette condition qu’elle pourra contribuer à bâtir un État plus juste et plus efficace.

Quel est votre plus grand souhait pour les Comores dans les années à venir ?

J’aspire à voir émerger un État pleinement démocratique, où la justice est indépendante et impartiale. Un État capable de prévenir et de combattre efficacement la corruption, tout en garantissant la transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques.

Je suis profondément convaincu que la lutte contre la corruption est le véritable point de départ du développement des Comores. Sans cette volonté politique, il sera difficile d’espérer des progrès durables.

Propos recueillis par Comoresinfos.

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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