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2008-2026 : le Karthala doit toujours sauver les Comores de la crise électrique… cette fois, c’est sérieux ?

 

Depuis plus d’une décennie, la géothermie du Karthala est régulièrement présentée comme l’une des solutions capables de sortir les Comores de leurs crises électriques. Sous différents présidents, les annonces et les calendriers se sont succédé sans qu’un seul kilowattheure géothermique ne soit encore produit. En août 2026, le projet revient sur le devant de la scène avec une étape annoncée comme décisive : le financement de trois forages d’exploration.

Une mission de la Commission de l’Union africaine a séjourné aux Comores du 17 au 19 août afin de préparer la convention de financement du projet d’exploration géothermique du Karthala. La délégation, conduite par Kamugisha Kazaura, directeur des Infrastructures et de l’Énergie de la Commission de l’Union africaine, a rencontré les différentes institutions impliquées dans le projet.

L’objectif est désormais de parvenir à la signature de la convention de financement avant la conférence africaine ARGeo-C11, consacrée à la géothermie, qui doit se tenir du 19 au 24 octobre 2026 à Moroni.

Le projet prévoit le forage de trois puits d’exploration. Cette étape doit permettre de vérifier concrètement les caractéristiques du réservoir géothermique du Karthala et sa capacité à alimenter une future centrale électrique. L’objectif affiché est une première capacité de 15 MW, qui pourrait ensuite atteindre 45 MW.

Les études réalisées sur le Karthala ont déjà mis en évidence un potentiel important. Le PNUD évoque notamment des températures pouvant atteindre 300 °C à environ 2 900 mètres de profondeur. Le potentiel géothermique de la zone est estimé autour de 45 MW.

Sur le papier, l’enjeu est considérable pour un pays qui connaît depuis des décennies des difficultés d’approvisionnement en électricité et reste fortement dépendant des hydrocarbures importés. Une production géothermique locale et continue pourrait profondément modifier le système énergétique du pays.

Mais pour les Comoriens, le discours sur le Karthala a un air de déjà-vu.

Une promesse qui traverse les présidences

Les premières études géoscientifiques remontent au moins à 2008, avec notamment l’intervention d’experts de la société kényane KenGen. Mais c’est surtout à partir de 2014 que la géothermie commence à être présentée publiquement comme une véritable réponse à la crise énergétique.

Sous la présidence d’Ikililou Dhoinine, le gouvernement comorien, la Nouvelle-Zélande et le PNUD avaient engagé une nouvelle phase d’études. En novembre 2014, le ministre chargé de l’Énergie parlait même d’un projet arrivé à un « point de non-retour ». À cette époque, les responsables du Bureau géologique envisageaient une première production d’électricité dans un délai d’environ cinq ans, soit autour de 2019.

2019 est arrivé sans électricité géothermique.

Après le retour d’Azali Assoumani au pouvoir, le Karthala est de nouveau présenté comme l’une des grandes réponses aux problèmes énergétiques du pays. En 2017, de nouvelles annonces évoquaient notamment la construction de la route permettant d’accéder au site, puis une perspective d’exploitation et de production qui conduisait vers 2021.

2021 est également passé.

Les années suivantes, le projet n’a pas disparu. Études, recherches de financement, missions techniques et rencontres avec les partenaires internationaux ont continué. En 2024, une autre perspective était évoquée : les premiers mégawatts pourraient être injectés dans le réseau vers fin 2029 ou début 2030.

C’est donc avec cet historique qu’il faut regarder l’annonce faite aujourd’hui.

La différence est que les trois forages envisagés constituent une étape concrète et indispensable. Jusqu’ici, l’existence d’un potentiel géothermique est soutenue par différentes études, mais il faut désormais forer pour mieux connaître la ressource en profondeur et déterminer les conditions réelles de son exploitation.

Cela ne signifie donc pas que la nouvelle annonce est simplement une promesse supplémentaire. Mais après plus d’une décennie de calendriers repoussés, les Comoriens peuvent légitimement attendre autre chose que des déclarations.

La véritable avancée sera la signature effective du financement, puis le démarrage des forages, leurs résultats, le financement et la construction de la centrale et, enfin, l’arrivée des premiers mégawatts dans le réseau électrique.

Car le Karthala a déjà été présenté sous plusieurs gouvernements comme une partie de la solution aux problèmes énergétiques des Comores. Les présidents ont changé, les ministres se sont succédé, les partenaires et les échéances aussi.

En 2026, la question n’est donc plus de savoir si le Karthala possède un potentiel. Elle est de savoir si, cette fois, les annonces vont enfin se transformer en électricité dans les foyers comoriens.

ANTUF Chaharane 

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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