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Fin du Ramadhwani: Moroni prise d’assaut à moins de trois jours de l’Aïd-el-fitr

Ambiance de kermesse. Moroni change de couleurs. La capitale est noire de monde. D’Irungudjani à Volo-volo en passant par Shindo cha Mbwani (Petit marché) et Magudjuu, commerçants et acheteurs se croisent, se côtoient et entretiennent des discussions sur les prix de divers produits et articles. Les vendeurs interrogés reconnaissent des difficultés pour vendre leurs articles. Les clients, eux, ne cessent de déplorer “le manque d’argent”.

Comme à chaque fin du Ramadhwani, couplée avec les préparatifs de l’Aïd-el-fitr, la ville de se transforme en une formidable ruche géante. Les habitants des différentes régions de Ngazidja se rendent dans la capitale pour faire leurs emplettes. Un enthousiasme sans pareil se ressent en ces jours de la fin du mois sacré qui n’arrivent qu’une fois par an.

Les couleurs des habits et de chaussures d’hommes, de femmes et d’enfants, de rideaux, de draps, tissus, tapis, sont dressés sur les murs ou étalés sur les trottoirs et embellissent la capitale. Bleu, rouge, jaunes, oranges, marrons, et d’autres couleurs brillent dans les recoins de la capitale notamment la route menant Place Ajao à Volo-volo.

D’Irungudjani à Volo-volo en passant par Shindo cha Mbwani (Petit marché) et Magudjuu, commerçants et acheteurs se croisent, se côtoient et entretiennent des discussions sur les prix. Pour attirer la clientèle, nombreux sont les commerçants qui réduisent leurs prix. Al-watwan s’est approché de certains vendeurs pour s’enquérir de la situation. “Comme vous le voyez, les gens arrivent en masse de jour en jour, mais les ventes ne sont pas très encourageantes. Ils sont nombreux à venir voir visiter nos stands et à nous interroger sur les prix sans rien acheter”, regrette Fatima Moussa, vendeuse ambulante rencontrée hier au quartier Magudjuu.

Des ventes mitigées

Un peu plus loin, le discours est tout autre. Le comédien Johcy qui vend des chaussures, t-shirt à côté de l’hôpital El-Maarouf confie avoir tout vendu. Selon lui, “depuis que je suis venu vendre ici, tout se passe bien. Je comprends que ce n’est pas le même cas pour tout le monde. Car, plus on est nombreux à vendre les mêmes produits, et plus la clientèle a le bénéfice du choix. Notons que certains ont fait recours à la réduction des prix, mais ces prix-là, ne semblent pas très encourageants”. Dans son témoignage, Johcy a évoqué un seul problème : “on n’a pas loué une place pour étendre nos affaires. Et des fois, on peut être là, et des fois non à cause de la police municipale”. Notons, que chaque année, les vendeurs ambulants se retrouvent confrontés à des problèmes récurrents “imposés par la mairie de la capitale”.


L’année dernière, il leur était interdit de vendre à partir de 16h alors que c’était à cette heure-là que les citoyens quittent leurs lieux de travail. Cette fois-ci, un arrêté municipal portant “interdiction du commerce informel sur les trottoirs et places publiques”, leur a été imposé au début indiquant des espaces situées à Kalaweni, Al-watwan et Terrain Bonbon Ndjema pour qu’ils y installent leurs stands. (Celui-ci n’est plus d’actualité, en tout cas).“Ce n’était pas normal de vouloir nous délocaliser. Tout le monde sait qu’au cours de ce tiers du mois de Ramadhwani, la route menant de Magudjuu à Volo Volo est spécialement dédiée aux vendeurs.

On peut passer toute une journée sans bien vendre alors qu’on est là à voir passer les clients. Je me demande comment on serait si on était parti vendre à Kalaweni ou je ne sais où”, a expliqué Mohamed Hassane. Les clients quant à eux posent le problème d’argent car, “on n’est pas encore payé. Il y a des bons articles. Et certains les donnent à des prix très abordables. Tout comme d’autres non. Mais on n’a pas d’argent”.

Abadi Soilihi Natidja / Alwatwan

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