Une vive polémique secoue depuis plusieurs jours l’École de la nouvelle méthode de l’enseignement coranique (Enoumeco), à la suite de l’exclusion d’une élève de 5 ans pour des retards de paiement des frais de scolarité. L’affaire, largement relayée sur les réseaux sociaux et dans la presse, a conduit le ministère de l’Éducation nationale à suspendre le directeur général adjoint de l’établissement.
Les faits remontent au 8 janvier dernier. Ce jour-là, Kamillat, une fillette âgée de cinq ans, a été sommée de quitter sa salle de classe en raison de trois mois d’arriérés de frais d’écolage imputés à ses parents. Selon son père, Hassani Ibrahim Youssouf, l’enfant aurait été laissée sans surveillance dans la cour de l’école alors que ses camarades poursuivaient les cours. Indigné par la situation, il a exigé le retrait immédiat de sa fille de l’établissement et la restitution de son dossier scolaire.
Le parent explique que ces retards de paiement sont liés à sa situation professionnelle actuelle, tout en affirmant avoir trouvé un accord temporaire avec l’administration pour régulariser les frais. « J’étais venu pour régler le premier trimestre et j’ai découvert avec horreur ma fille exclue de sa classe et abandonnée dans la cour », a-t-il déclaré, évoquant également des violences subies par l’enfant de la part d’autres élèves. Il dénonce un traumatisme psychologique et « l’irresponsabilité » de l’établissement.
De son côté, la direction de l’Enoumeco rappelle la nécessité pour les parents de s’acquitter des frais de scolarité. L’ex-directeur adjoint, Mzé Saïd Moudjibou Rahmani, aujourd’hui suspendu, a indiqué avoir été convoqué par la direction de l’enseignement privé, laquelle lui aurait signifié que l’école est en droit de réclamer son dû.
Entendues hier matin au ministère de l’Éducation nationale, les deux parties ont vu l’affaire se conclure, dans l’après-midi, par la publication d’une note officielle suspendant le directeur général adjoint. Le ministère invoque les engagements internationaux de l’Union des Comores, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, garantissant le droit à l’éducation dans un environnement sûr et respectueux.
Outre cette suspension, une procédure disciplinaire a été ouverte et des mesures immédiates de protection et d’accompagnement ont été mises en place pour assurer la sécurité physique et psychologique de l’élève et la continuité de sa scolarité.
IBM


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