Le projet de Gianni Infantino de créer une société commerciale liée à la Fifa provoque une véritable fracture dans le football mondial. Alors que l’UEFA mène la contestation, le président de la Fédération de football des Comores, Saïd Ali Saïd Athouman, appelle à examiner cette proposition avec pragmatisme, en tenant compte des réalités économiques africaines.
Selon RMC Sport, qui relaie des déclarations accordées au journal L’Équipe, la future structure commerciale, appelée FFE, pourrait ouvrir une partie de son capital à des investisseurs privés. L’opération permettrait de lever près de 4,2 milliards de dollars, soit environ 3,7 milliards d’euros. Gianni Infantino assure que la Fifa conserverait le contrôle de cette société et que les 211 fédérations membres profiteraient des nouveaux revenus.
Pour le patron du football comorien, rejeter immédiatement ce projet reviendrait à ignorer les difficultés quotidiennes rencontrées par de nombreuses associations africaines. La Fédération comorienne ne dispose actuellement d’aucun sponsor majeur et peine notamment à financer son fonctionnement, ses salariés, ses sélections et le développement des infrastructures.
Saïd Ali Saïd Athouman reconnaît néanmoins que l’arrivée d’investisseurs privés soulève une question capitale : la Fifa pourra-t-elle préserver son indépendance sportive et décisionnelle ? La polémique autour de la suspension de Folarin Balogun, finalement levée après une intervention de Donald Trump auprès de Gianni Infantino, renforce les inquiétudes concernant de possibles influences extérieures.
La CAF doit désormais se réunir pour définir sa position. Contrairement à l’Europe, où plusieurs fédérations disposent de revenus importants, l’Afrique aborde ce dossier avec une urgence financière différente. Pour les Comores, une enveloppe pouvant atteindre 20 millions représenterait une manne exceptionnelle.
Entre nécessité économique et défense de l’autonomie de la Fifa, Saïd Ali Saïd Athouman réclame donc des garanties précises avant toute décision. Une position prudente, mais réaliste, qui pourrait être partagée par de nombreuses fédérations africaines.
M.S


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