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Don japonais, un riz presque inaccessible

C’est le branle-bas, pour le comorien lambda, pour pouvoir décrocher le riz du don japonais. La quantité limitée (400 tonnes) a Ngazidja conduit à des situations ubuesques, un sac de riz pour deux, soit 15 kg pour chacun.

Mises à part les difficultés rencontrées pour avoir le précieux sésame, le comorien se pose la question sur le prix de ce riz japonais qui à leurs yeux ne suivent pas la logique d’un don qui par nature est soit gratuit soit vendu à moindre prix. « Pourquoi nous parler de don, alors qu’on doit verser la même somme d’argent (12 000 kg) pour avoir le sac de 30 kg et encore si on parvient a se réveiller tôt pour être au point de vente des heures avant l’arrivée du camion de distribution », s’est exclamé Said Youssouf un citoyen qui est revenu bredouille de la distribution faite dans un point de vente dans la région de Washili ce lundi.

Une logique de prix assumée par les autorités. « Il n’y a pas de hausse du prix », nous a répondu le directeur de cabinet du ministre des finances. Des propos confirmés par le chargé de communication de l’ONICOR. « Nous n’avons pas procédé à une hausse des prix, pour ce riz japonais nous nous sommes alignés sur le prix de l’Onicor de 400 FC le kilo », précise-t-il. Et de continuer : « Le problème, c’est surtout la quantité de riz que nous avons reçu qui est très réduite par rapport à la normale ».

Les quelques mille tonnes du don japonais s’avèrent en effet très insuffisantes par rapport à la demande. Jusqu’à maintenant, c’est un rationnement sous contrôle des forces de l’ordre qui se fait. Les petits détaillants qui sont les relais de l’ONICOR dans les différentes localités n’ont toujours pas été rationnés. Les plus chanceux, ce sont ceux qui se procurent le riz directement auprès des militaires qui l’escortent, comme nous l’avons vu dans le Washili hier.

Dans cet océan d’incertitudes, l’Office National d’Importation du Riz se veut toujours rassurant quant à l’évolution de la situation dans les prochains jours. « D’ici le 25 septembre au maximum, nous attendons 30 conteneurs de riz venant de la Tanzanie, nous a confié Ben Abdallah. Même si ce n’est pas suffisant, ça va nous permettre de tenir jusqu’à l’arrivée de la cargaison de 12 000 milles tonnes attendues d’ici le 3 octobre ». Une quantité suffisante pour permettre à la situation de revenir à la normale, c’est en tout cas le souhait des autorités.

Interrogé sur cette perspective, le directeur de cabinet de l’argentier de l’Etat nous a confirmé la venue de cette importante cargaison. « D’ici début octobre, nous allons recevoir entre 10 000 à 12 000 tonnes de riz », a-t-i assuré. En attendant l’arrivée de ce riz indien, le comorien prend son mal en patience et continue de subir de plein fouet les effets dévastateurs de la conjoncture mondiale mais, surtout de la mauvaise gestion des sociétés d’Etat qui continuent à fonctionner dans une opacité totale. Dépourvues des Conseils d’Administration (CA) malgré les recommandations de la section des comptes de la cour suprême, elles continuent plus que jamais à être les bras financiers de la superstructure administrative et politique des régimes successifs.

AS Badraoui / LGDC 

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