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Des produits carnés demeurent «impropres» à la consommation

Pour une meilleure sécurité sur l’hygiène des aliments, un comité national pour le suivi du respect des conditions de la chaîne de froid des produits carnés doit être mis en place. Le chef du département de contrôle des aliments à l’Inrape fait appel à plus de sensibilisation et à plus d’implication des différents acteurs du bien-être humain.

L’hygiène des aliments, surtout des produits carnés, reste le dernier des soucis des revendeurs dans les marchés. Le poisson, la viande et le poulet sont exposés sans aucun respect de la chaîne de froid alimentaire recommandée pour la santé des consommateurs. Malgré les efforts de son service, l’inspecteur général sanitaire et phytosanitaire à l’Inrape et chef du département de contrôle des aliments déplore le caractère récidiviste de certains marchands de la filière.Il a noté, cependant, que depuis le début de l’année 2020, près de 80% des importateurs légaux se sont équipés de camions frigorifiques.

“Seules les personnes qui ont des chambres froides, des locaux hautement sécurisés, avec un approvisionnement de l’électricité de la Sonelec, plus un camion frigorifique, sont ceux qui bénéficient, jusqu’aujourd’hui, de notre agrément”, a expliqué l’inspecteur de l’Inrape au cours d’un entretien, mardi dernier, à son bureau sis au port de Moroni. Il précisera ensuite que “notre mission est la prévention. Nous avons l’obligation de faire retirer de la circulation les aliments à risques, soupçonnés d’une dangerosité pour la santé de la population”.

Un combat pour tout le monde

Selon le chef du contrôle des aliments, la population aurait une grande responsabilité pour un meilleur respect du protocole de surveillance des aliments. “Des commerçants, qui ne se soucient pas de la santé des autres, ils vendent juste pour gagner de l’argent mais ne se préoccupent pas de la qualité de leurs produits. Des camions non-frigorifiques parcourent des kilomètres pour vendre des produits carnés. Au bout d’un moment, leurs cargaisons se décongèlent sans pour autant qu’ils se soucient”, a-t-il indiqué.

L’Inrape n’a jamais baissé la garde dans la lutte contre ce fléau, mais c’est un travail qui doit impliquer tous les secteurs, a souligné l’inspecteur général qui reconnait que son service tout seul ne peut pas tout contrôler.Ainsi, lance-t-il un cri d’alarme pour plus de sensibilisation. A l’en croire, il est temps de mettre sur pied le comité national pour mieux agir ensemble.

“Il est indispensable que le comité national soit créé au préalable. Il devra pallier les problèmes liés à la chaîne du transport des aliments, dès la distribution jusqu’à la ligne du marché public”. Il a insisté que “sans cela ni l’Inrape, ni le ministère de la santé publique, entre autres, ne peuvent y arriver seuls. De ce fait, on doit avoir un plan d’action afin d’agir ensemble”.

Manque d’outils de conservation au marché

Au marché Volo Volo, un détaillant avoue que les conditions de travail sont difficiles, l(‘existence d’ un congélateur à domicile pour le stockage de sa marchandise.
Il dit se trouver dans l’obligation d’emmener, tous les matins, les cartons d’ails de poulet pour gagner son pain. “J’avoue que ça m’arrive de rester jusqu’au coucher de soleil sans pour autant qu’il y ait des conditions d’hygiène. Les outils de conservation sur place nous manquent”, a-t-il confié.

Le commandant du service urbain au Commissariat central de la police, sis à Moroni-Karthala, a fait savoir qu’il s’agit d’un travail qui devrait mobiliser plusieurs secteurs. “Les autorités devraient bien tenir compte de la sécurité de la santé de la population. Donner des outils et faire confiance aux agents qui sont mieux placés à y intervenir”, a soutenu l’officier Djoumoi Athoumani Ali. L’agent de police a aussi démontré que “nous sommes déjà intervenus sept fois, dans les différents sites de marchés de la capitale. C’est juste pour faciliter le travail des agents sanitaires en assurant leur sécurité. Les contrevenants ont eu à payer des amandes de 25.000 francs, suites à des vérifications de leurs produits”.

Alwatwan

La Rédaction

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