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Convocation de Fahmi Saïd Ibrahim : la crise du carburant prend une tournure politique et explosive aux Comores

 

La crise autour de la hausse des prix du carburant aux continue de provoquer des tensions et connaît désormais un nouveau rebondissement politique.

L’ancien ministre des Affaires étrangères a été convoqué ce mercredi à la gendarmerie après ses prises de position publiques dénonçant des violences commises contre des citoyens dans le contexte des manifestations et tensions actuelles.

Au cœur de cette affaire : une vidéo devenue virale montrant une femme avec un pneu placé autour du cou par des éléments présentés comme appartenant au PIGN, une unité d’intervention des forces de sécurité comoriennes. Ces images ont profondément choqué une partie de l’opinion publique et provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux.

Face à cette scène, Fahmi Saïd Ibrahim avait publiquement réagi en demandant l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités. Il avait également appelé les autorités militaires à présenter des excuses si les faits étaient confirmés.

Mais cette prise de parole lui a finalement valu une convocation à la gendarmerie.

À sa sortie, l’ancien chef de la diplomatie comorienne a déclaré que les enquêteurs auraient insisté sur le fait que les images diffusées seraient générées par intelligence artificielle. Une affirmation qui suscite déjà de nombreuses réactions et interrogations.

Car pour beaucoup d’observateurs, la vidéo diffusée présente les caractéristiques d’une captation amateur classique : mouvements naturels de caméra, continuité cohérente des gestes, interactions fluides entre les personnes présentes, environnement sonore crédible et absence visible d’artefacts typiques des vidéos IA actuellement connues du grand public.

Si l’intelligence artificielle permet aujourd’hui de générer des images fixes très réalistes, voire certaines courtes séquences truquées, produire une longue vidéo amateur cohérente dans un contexte réel reste encore extrêmement complexe, surtout pour des scènes dynamiques captées sur le vif avec plusieurs interactions humaines et mouvements imprévisibles.

Cette affaire soulève donc une autre question plus large : l’argument de l’intelligence artificielle peut-il désormais devenir un moyen de discréditer des images embarrassantes lorsqu’elles circulent sur les réseaux sociaux ?

Depuis l’explosion des technologies génératives, plusieurs gouvernements à travers le monde commencent à évoquer la possibilité de « faux contenus IA » pour contester certaines vidéos sensibles. Mais cette stratégie comporte aussi un risque : celui d’alimenter encore davantage la méfiance de la population envers les institutions.

Dans un contexte déjà tendu par la crise du carburant, les appels à la grève et la colère sociale, cette convocation de Fahmi Saïd Ibrahim risque d’être perçue par certains comme un signal inquiétant concernant la liberté de critique et le débat public aux Comores.

Car au-delà de la question de la vidéo, beaucoup voient surtout dans cette séquence le symptôme d’un climat politique devenu extrêmement nerveux, où chaque parole critique autour de la gestion de la crise semble désormais provoquer des tensions immédiates avec le pouvoir.

Said Hassan Oumouri

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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