Alors que les résultats du baccalauréat 2026 ont été publiés le mardi 4 août, une histoire peu ordinaire retient l’attention. Parmi les candidats ayant composé cette année figuraient quatre jeunes détenus de la prison de Moroni. Malgré leur incarcération, ils ont pu poursuivre leur parcours scolaire et se présenter aux épreuves grâce à une autorisation exceptionnelle des autorités judiciaires.
Le bilan est encourageant : l’un des quatre candidats a obtenu son baccalauréat dès le premier groupe, tandis qu’un second est déclaré admissible et disputera les épreuves du second groupe. Les deux autres n’ont malheureusement pas réussi à décrocher leur diplôme cette année.
Le premier lauréat est Ali Youssouf Fahad, alias Fahami, originaire de Diboini, admis au baccalauréat en série D. Quant à Abdoulkarim Mohamed, candidat en série A4, il poursuivra son parcours lors des épreuves de rattrapage. Une performance saluée par leurs proches, tant les conditions de préparation étaient particulières. Les deux jeunes hommes ont dû réviser derrière les barreaux, avec des moyens limités et après avoir manqué une partie importante des cours durant l’année scolaire.
Selon les informations disponibles, ces deux détenus ne sont pas poursuivis pour des faits de criminalité de droit commun, mais dans le cadre du conflit ayant opposé les villages de Diboini et de Mbambani. Leur réussite scolaire apparaît ainsi comme un symbole de résilience et de volonté de construire un avenir malgré les difficultés.
À Diboini, l’annonce des résultats a suscité une vague de joie. Les rues du village se sont remplies d’habitants venus célébrer la réussite de leurs enfants, dans l’espoir que cette étape marque un tournant positif pour leur avenir.
Pour rappel, le parquet de la République de Moroni avait annoncé, le 18 juillet 2026, que les élèves régulièrement inscrits au baccalauréat et placés en détention seraient autorisés à composer. Les épreuves se sont ainsi déroulées dans l’enceinte du Tribunal de première instance de Moroni, permettant à ces candidats de défendre leurs chances comme les autres. Aujourd’hui, leurs résultats rappellent que l’éducation peut demeurer un véritable levier d’espoir, même dans les circonstances les plus difficiles.
M.S


Réagissez à cet article