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Violée à 15 ans, mère à 17 ans, elle décroche son bac avec mention : une réussite qui interpelle les Comores

 

Il y a des victoires qui devraient nous réjouir. Et d’autres qui devraient surtout nous faire honte.

Le journaliste Toufé Maecha a raconté l’histoire de cette jeune Comorienne de 17 ans. À 15 ans, elle a été violée par un proche. Il y a deux mois, elle est devenue mère d’un petit garçon. Hier, elle a décroché son baccalauréat avec mention.

Arrêtons-nous une seconde sur ces trois phrases. Elles résument à elles seules une tragédie nationale et un espoir immense.

Cette jeune fille aurait pu disparaître des statistiques scolaires. Elle aurait pu être une de plus à qui « on a brisé l’avenir ». Elle a choisi de se battre. Contre le traumatisme. Contre les regards. Contre la fatigue d’une jeune maman.

Sa force vient d’une famille qui a refusé la honte et choisi le soutien. D’un gendarme et d’une psychologue qui ont fait leur travail avec professionnalisme et dignité. Et d’une volonté à elle, d’acier

Aujourd’hui, ultime preuve de sa résilience : elle veut faire des études de psychologie. Pour accompagner à son tour les victimes de viol. Pour que d’autres ne traversent pas seules ce qu’elle a traversé.

Mais sa réussite ne doit pas nous faire oublier la question : combien d’autres n’y arrivent pas ?

Le viol, et particulièrement le viol intrafamilial, est un fléau silencieux aux Comores. Il vole l’enfance. Il installe la peur à la maison, là où devrait régner la sécurité. Il pousse au décrochage scolaire, à la dépression, au silence.

Trop de jeunes filles se taisent. Par peur de ne pas être crues. Par peur de « déshonorer » la famille. Par manque de structures d’écoute. Et pendant ce temps, les agresseurs continuent, protégés par ce même silence.

L’histoire de cette bachelière n’est pas qu’une belle histoire. C’est un avertissement.

La première violence après le viol, c’est le doute. Une victime n’est jamais coupable. La honte doit changer de camp et aller du côté de l’agresseur.

Cette jeune fille s’en est sortie parce qu’elle a été entourée. Il faut généraliser cet accompagnement : sensibiliser les familles, former les forces de l’ordre, doter nos écoles et nos centres de santé de psychologues. L’isolement est l’arme principale de l’agresseur.. La loi doit passer et être appliquée. Et en amont, éduquer. Parler du respect, du consentement, de la protection de l’enfance, dès le plus jeune âge, à la maison et à l’école.

À cette jeune fille, la nation doit dire merci. Merci pour son courage. Merci de nous rappeler que l’avenir peut se reconstruire.

Mais son diplôme avec mention ne doit pas nous endormir. Il doit nous interpeller.Tant qu’une fille de 15 ans sera violée dans notre pays, aucune réussite ne pourra effacer cet échec collectif.Protéger nos enfants n’est pas l’affaire des autres. C’est l’affaire de tous. C’est une urgence nationale.

Said Hassan Oumouri 

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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