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51 ans après l’indépendance : faut-il vraiment célébrer l’installation d’un tapis à bagages ?

La visite de la ministre des Transports aérien et maritime, Yasmine Hassane Alfeine, à l’Aéroport international Moroni Prince Saïd Ibrahim avait pour objectif de constater l’installation de nouveaux équipements destinés à moderniser la plateforme. Parmi les réalisations mises en avant figure notamment un nouveau convoyeur à bagages, installé dans une salle réaménagée et mis en service depuis le 20 juillet dernier. Un investissement que le gouvernement présente comme une étape importante vers un aéroport répondant aux standards internationaux.

Pourtant, cette communication interroge. En 2026, soit 51 ans après l’indépendance des Comores, doit-on réellement se réjouir de l’installation d’un tapis roulant pour les valises comme s’il s’agissait d’une prouesse technologique ? Dans la plupart des aéroports du monde, un convoyeur à bagages constitue un équipement de base. Aux Comores, ce qui relève du service minimum semble désormais présenté comme un accomplissement exceptionnel.

À entendre les responsables, cette installation symboliserait une avancée majeure. La ministre a remercié le président Azali Assoumani pour son engagement et appelé la population à faire preuve de patience, rappelant que « Rome ne s’est pas faite en un seul jour ». L’argument peut s’entendre. Mais après un demi-siècle d’existence de l’État comorien, les citoyens sont également en droit d’attendre que certaines infrastructures essentielles ne soient plus considérées comme des événements historiques.

À ce rythme, faudra-t-il demain organiser une cérémonie officielle pour inaugurer un escalator, un ascenseur ou une porte automatique ? La question peut sembler ironique, mais elle traduit le sentiment d’une partie de l’opinion face à une communication qui transforme des équipements ordinaires en symboles de progrès extraordinaire.

Les Comoriens ne demandent pas des miracles. Ils attendent simplement des infrastructures fonctionnelles, des services fiables et un aéroport conforme aux standards internationaux. La véritable réussite ne sera pas l’inauguration d’un tapis roulant, mais le jour où ce type d’équipement sera considéré comme une évidence, et non comme un événement national.

Misbah Said

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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