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Starlink interdit… mais déjà partout ? Aux Comores, l’Internet clandestin qui défie l’État et menace les opérateurs

 

Officiellement, Starlink n’a pas le droit d’opérer aux Comores. Pourtant, sur les réseaux sociaux, les témoignages se multiplient. Des vidéos circulent. Des habitants affirment que des dizaines, voire des centaines de box seraient déjà installées dans le pays. Commandées à l’étranger, introduites discrètement, revendues localement. Une réalité parallèle semble s’installer, loin des textes officiels.

En juin 2025, les autorités comoriennes ont pourtant tranché. Une note circulaire du ministère en charge des télécommunications interdit formellement l’installation, l’utilisation et le déploiement de Starlink sur le territoire. L’ANRTIC, le régulateur national, a rappelé que l’entreprise n’a obtenu aucune autorisation pour exploiter des fréquences aux Comores. Des opérations de contrôle et même des saisies de matériel ont été annoncées. Le message est clair : pas de licence, pas d’activité.

Mais sur le terrain, l’histoire semble différente.

Selon plusieurs témoignages relayés en ligne, des kits Starlink arrivent malgré tout. Importations via des pays voisins, commandes passées par la diaspora, installations discrètes sur des toits de maisons. Le phénomène serait en progression. Le principal argument avancé par les utilisateurs : le prix et la qualité.

Starlink a récemment revu ses tarifs à la baisse dans plusieurs régions du monde. Dans certains pays européens, l’abonnement débute à 29 euros par mois. Même si aucun tarif officiel n’est publié pour les Comores, des montants circulent dans les discussions locales, certains évoquant environ 15 000 francs comoriens pour un abonnement. Impossible de vérifier officiellement ces chiffres, mais le simple fait que ces rumeurs se répandent montre une chose : l’offre est perçue comme accessible.

À cela s’ajoute une promesse puissante : une connexion stable, rapide, indépendante des infrastructures locales. Dans un contexte où de nombreux usagers critiquent la qualité ou le coût de l’Internet classique, l’idée d’un accès “direct depuis le ciel” séduit. Entrepreneurs, créateurs de contenu, cybercafés, télétravailleurs… pour beaucoup, la question n’est plus politique. Elle est pratique.

Mais derrière cette adoption silencieuse, une autre inquiétude émerge. Certains affirment que cette montée en puissance pourrait fragiliser les opérateurs historiques, notamment Comores Telecom et Yas, qui assurent aujourd’hui l’essentiel de l’accès Internet dans le pays. Si une part significative des clients bascule vers un service étranger, c’est une fuite directe de revenus hors du territoire. Moins de recettes locales, moins d’investissements dans les infrastructures nationales, moins de contrôle stratégique.

Le mot “faillite” circule dans certains discours. Il est sans doute excessif à ce stade. Mais la pression concurrentielle, elle, est bien réelle. Les opérateurs locaux investissent dans des câbles, des pylônes, de la maintenance, des emplois. Starlink, lui, contourne ces coûts structurels. La comparaison peut devenir brutale.

L’État se retrouve ainsi face à un dilemme complexe. D’un côté, la souveraineté numérique, la régulation des fréquences, la sécurité des communications. De l’autre, la liberté d’accès à Internet, la baisse des prix, la modernisation rapide du pays. Interdire durablement peut renforcer le marché clandestin. Légaliser sans encadrement peut bouleverser tout l’écosystème existant.

Aujourd’hui, une question s’impose : peut-on réellement bloquer une technologie satellitaire mondiale à l’ère de la mondialisation numérique ? Et surtout, que se passera-t-il si, malgré l’interdiction, des milliers d’utilisateurs basculent progressivement vers cette solution ?

Le débat ne fait que commencer. Starlink n’est peut-être pas officiellement aux Comores. Mais dans les conversations, dans les vidéos, sur certains toits, il semble déjà bien présent.

ANTUF Chaharane 

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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