Une nouvelle affaire sensible secoue les Comores. Le journaliste d’investigation Oubeidillah Mchangama, figure médiatique du média en ligne FCBK FM a publié une vidéo contenant de lourdes accusations visant un haut responsable du ministère de l’Intérieur, appartenant aux forces de police.
Sans citer explicitement de nom, le journaliste a donné plusieurs indices sur l’identité de la personne concernée, évoquant notamment un haut gradé originaire de la région du Hambou, en Grande-Comore. Selon ses déclarations, cet officier serait impliqué dans l’organisation de réseaux récents d’immigration clandestine reliant la République démocratique du Congo, la Tanzanie et les Comores.
D’après les révélations relayées par le journaliste, ces migrants transiteraient principalement par la Tanzanie avant d’embarquer à bord de bateaux de fortune en direction de la Grande-Comore, avec comme objectif final : rejoindre Mayotte.
Depuis plusieurs mois, les Comores voient apparaître des embarcations transportant des migrants originaires d’Afrique centrale, notamment du Congo. Certaines de ces embarcations échouent sur les côtes comoriennes après des traversées extrêmement dangereuses.
Cette situation inquiète de plus en plus une partie de la population, car les Comores deviennent progressivement une zone de transit dans les réseaux migratoires de l’océan Indien. Jusqu’ici, les débats portaient surtout sur les aspects sécuritaires et humanitaires. Mais les révélations d’Oubeidillah Mchangama changent la nature du débat : si elles sont confirmées, elles suggéreraient une possible implication interne de responsables chargés précisément de lutter contre ces trafics.
Le journaliste affirme que ce système générerait d’importantes sommes d’argent autour du transport clandestin des migrants.
Ces accusations interviennent alors que plusieurs alertes sanitaires concernant le virus Ebola ont récemment été évoquées en Afrique centrale, notamment en République démocratique du Congo.
Dans sa vidéo, le journaliste alerte sur les risques sanitaires potentiels liés à l’arrivée incontrôlée de migrants provenant de zones touchées ou proches des foyers épidémiques. Il estime que les autorités devraient traiter cette question comme un enjeu de sécurité nationale et de santé publique.À ce stade, aucune autorité comorienne n’a officiellement réagi aux déclarations du journaliste.
Ce n’est pas la première fois qu’Oubeidillah Mchangama se retrouve au centre d’affaires sensibles aux Comores. Le journaliste de FCBK est connu pour ses enquêtes et prises de position critiques sur plusieurs dossiers politiques et sécuritaires du pays. Ses activités journalistiques lui ont déjà valu des poursuites judiciaires et des tensions avec les autorités comoriennes.
Ses nouvelles révélations risquent donc d’alimenter encore davantage les débats autour de la corruption, de la sécurité des frontières et du rôle de certains responsables dans les réseaux clandestins qui traversent aujourd’hui l’archipel.
ANTUF Chaharane


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