Pendant plusieurs semaines, l’état de santé de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a fait l’objet d’une bataille de communication. D’un côté, plusieurs responsables proches du pouvoir sont intervenus dans les médias pour affirmer que l’ancien chef de l’État était en bonne santé et que les informations alarmantes diffusées par ses proches relevaient de l’exagération.
De l’autre côté, sa famille, son médecin traitant, ainsi que plusieurs anciens ministres, anciens ambassadeurs et personnalités politiques de différentes sensibilités ont multiplié les appels pour demander que l’ancien président puisse bénéficier de soins spécialisés à l’étranger. Pour eux, la question dépassait désormais les clivages politiques et relevait avant tout d’une urgence humaine.
Aujourd’hui, un nouvel élément vient relancer le débat.Dans son édition du 8 juin 2026, La Gazette des Comores révèle que le rapport final de la contre-expertise médicale réalisée à la demande du procureur général conclut à une ischémie cardiaque chez l’ancien président de 68 ans.
Selon le journal, cette situation nécessiterait une coronarographie, un examen spécialisé permettant d’observer l’état des artères qui alimentent le cœur. Or cet examen ne serait pas disponible aux Comores.
Pour comprendre l’importance de cette révélation, il faut expliquer simplement ce qu’est une ischémie cardiaque.Le cœur fonctionne comme une pompe qui a elle-même besoin d’être alimentée en sang et en oxygène. Lorsque les artères chargées de nourrir le muscle cardiaque se rétrécissent ou se bouchent partiellement, le cœur reçoit moins d’oxygène qu’il n’en a besoin.C’est ce qu’on appelle une ischémie cardiaque.Dans les formes les plus graves, cette situation peut provoquer :des douleurs thoraciques ; un essoufflement important ;une fatigue extrême ;des troubles du rythme cardiaque ;ou encore un infarctus lorsque l’artère se bouche complètement.
C’est précisément pour mesurer la gravité de cette obstruction qu’une coronarographie est généralement recommandée.
Cette révélation intervient quelques jours seulement après la publication d’un communiqué du parquet général affirmant que les examens réalisés n’avaient révélé aucune situation critique susceptible d’engager le pronostic vital de l’ancien président. Le médecin traitant de Sambi avait alors contesté publiquement cette version, expliquant que plusieurs résultats n’étaient pas encore disponibles au moment de cette communication officielle.L’apparition aujourd’hui d’un diagnostic d’ischémie cardiaque risque donc d’alimenter davantage les interrogations sur la gestion de ce dossier médical particulièrement sensible.
Au-delà de la politique
Depuis plusieurs semaines, le débat a progressivement quitté le terrain strictement politique pour devenir une question humanitaire.
De nombreuses voix, y compris parmi des personnalités qui ne partagent pas nécessairement les idées de l’ancien président, estiment que tout détenu doit pouvoir accéder aux soins nécessaires lorsque son état de santé l’exige.
Désormais, la question qui se pose est simple : les soins nécessaires à la prise en charge complète de cette pathologie peuvent-ils être réalisés aux Comores, ou une évacuation sanitaire deviendra-t-elle inévitable ?
Avec la publication de ce rapport médical, la pression sur les autorités risque en tout cas de s’accentuer dans les prochains jours.
ANTUF chaharane


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