Pour la deuxième année consécutive, le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, a présenté une évaluation de l’action gouvernementale en attribuant en quelque sorte des « notes » aux ministères. Le taux d’exécution des actions publiques est ainsi passé de 18 % en 2024 à 56 % en 2025, une progression saluée par les autorités comme le signe d’un État plus efficace et mieux organisé.
Cette méthode d’évaluation est relativement récente aux Comores. Elle s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan Comores Émergent, porté par le président Azali Assoumani, avec l’objectif d’introduire une culture de résultats dans l’administration. Concrètement, chaque ministère reçoit une feuille de route avec des actions précises à réaliser, et le taux d’exécution mesure combien de ces actions ont effectivement été menées.
Le passage de 18 % à 56 % signifie donc que le gouvernement a réalisé plus de la moitié des actions qu’elle avait prévues en 2025. Selon Nour El Fath Azali, cette progression s’explique par une meilleure organisation : moins de blocages administratifs, plus de coordination entre les ministères, et un suivi plus strict des projets. L’année 2025 a ainsi été présentée comme une année de « structuration » de l’action publique.
Mais derrière cette amélioration des chiffres, une question demeure pour la population : est-ce que cela change réellement la vie quotidienne ? Car ce taux mesure avant tout l’avancement administratif des projets, pas forcément leur impact concret. Une action peut être considérée comme réalisée sans que ses effets soient immédiatement visibles sur le terrain, que ce soit dans les domaines de la santé, des routes, de l’emploi ou du coût de la vie.
Conscient de cette limite, Nour El Fath Azali lui-même insiste sur le fait que l’État ne doit pas seulement améliorer des indicateurs, mais produire des résultats « visibles, concrets et durables ». Il appelle ainsi les ministères à faire mieux en 2026, estimant que 56 % reste insuffisant au regard des ambitions du pays
Au final, cette hausse du taux d’exécution montre surtout une administration qui commence à mieux fonctionner en interne. Reste désormais à transformer cette amélioration en progrès réel pour les Comoriens, car l’émergence promise ne se mesurera pas à des pourcentages, mais à des changements concrets dans la vie de tous les jours.
ANTUF Chaharane


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