En ce moment

On lui demande de se taire, il insiste : devant Azali, Moustapha Chamsoudine dénonce le manque d’eau et d’électricité à Moroni

 

Une intervention de l’ancien maire de Moroni, Moustapha Chamsoudine, devant le président Azali Assoumani continue de susciter des réactions dans la capitale. Alors qu’il dénonçait notamment les difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité, une personne présente dans l’assemblée lui a demandé d’arrêter de parler. L’ancien maire a néanmoins poursuivi et insisté pour terminer son intervention.

La scène s’est déroulée sur la place de Badjanani, en présence du chef de l’État et de la population. Prenant la parole, Moustapha Chamsoudine a choisi d’interpeller directement le président sur plusieurs difficultés auxquelles sont confrontés les habitants de Moroni.

Il a notamment évoqué le manque d’eau, les coupures d’électricité et les difficultés qui rythment le quotidien d’une partie de la population de la capitale.

Au cours de son intervention, une personne présente dans l’assemblée lui demande de se taire et d’arrêter de parler. Mais l’ancien maire ne s’interrompt pas et poursuit son propos devant le président.

Dans un texte publié par la suite, Moustapha Chamsoudine revient lui-même sur cet épisode et explique avoir voulu lancer une alerte.

« J’ai évoqué le manque d’eau et d’électricité dans notre capitale, Moroni. J’ai parlé des jours et des nuits sans eau, des robinets vides », écrit-il.Selon lui, son message au chef de l’État était simple : demander aux autorités de faire tout ce qui est possible pour apporter des solutions à ces problèmes.

Un passé controversé qui ne doit pas être effacé

Cette prise de position ne doit toutefois pas conduire à présenter Moustapha Chamsoudine comme une personnalité étrangère à toute controverse. En janvier 2017, alors maire adjoint de Moroni, il avait été vivement critiqué après des propos tenus dans un contexte de tensions autour du déguerpissement de marchands ambulants. Il avait notamment demandé à ceux qui n’étaient « pas contents » de « rentrer chez eux ». Comores Infos avait à l’époque condamné ces déclarations, les qualifiant d’« indignes et irresponsables », tout en rappelant le caractère cosmopolite de la capitale.

Ce rappel n’enlève rien à la question qu’il soulève aujourd’hui. On peut reconnaître la réalité d’un problème dénoncé sans effacer les propos passés de celui qui le dénonce.

Une riposte lors d’une cérémonie religieuse à Mtsangani

L’intervention de Badjanani n’est pas restée sans réponse.Lors d’une cérémonie religieuse organisée par la suite à Mtsangani, également en présence du président Azali Assoumani, des propos ont été tenus en réaction à l’intervention de Moustapha Chamsoudine et pour contester sa présentation de la situation.C’est cette séquence qui a poussé l’ancien maire à prendre de nouveau publiquement la parole.

Dans un texte adressé au président de la République, il accuse ceux qu’il qualifie de « courtisans » d’avoir cherché à répondre à ses déclarations plutôt que de s’intéresser aux problèmes qu’il avait soulevés.Il affirme notamment qu’un notable âgé et malade, qui est également son beau-frère, aurait été présenté devant le président pour formuler des excuses et nier la réalité qu’il avait dénoncée.

Il s’agit ici de la version et des accusations formulées par Moustapha Chamsoudine.

« Plutôt que de chercher des solutions pour stabiliser l’approvisionnement en électricité et en eau, ils ont présenté une personne malade devant vous pour présenter des excuses et nier une réalité que tout Moroni connaît », écrit l’ancien maire.

Il reproche ainsi à ses détracteurs d’avoir déplacé le débat : plutôt que de répondre sur l’eau et l’électricité, ils auraient, selon lui, cherché à discréditer celui qui avait publiquement soulevé ces problèmes.

« De l’eau potable » et « une électricité stable »

Malgré cette riposte, Moustapha Chamsoudine ne retire rien de son interpellation initiale.Dans son texte, il formule deux demandes principales : de l’eau potable quotidiennement dans les quartiers de Moroni et une alimentation électrique stable.

« L’eau et l’électricité sont des droits fondamentaux, non des privilèges », affirme-t-il.

Pour l’ancien maire, la controverse née de son intervention ne doit donc pas détourner l’attention de la question qu’il voulait initialement poser au chef de l’État : celle des conditions de vie des habitants de la capitale confrontés aux difficultés d’accès à ces services essentiels.

Il affirme qu’il continuera à défendre publiquement cette position « avec respect mais détermination ».

L’épisode aura ainsi produit une succession de prises de parole : une interpellation devant le président à Badjanani, une tentative de l’interrompre, une riposte lors d’une cérémonie religieuse à Mtsangani, puis une nouvelle réponse écrite de l’ancien maire.

Mais derrière cette bataille de paroles demeure une question beaucoup plus concrète, qui ne dépend ni du parcours de Moustapha Chamsoudine ni de celui de ses détracteurs : quelle est aujourd’hui la réalité quotidienne de l’accès à l’eau et à l’électricité pour les habitants de Moroni ?

ANTUF Chaharane

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


error: Content is protected !!