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Mindradu, le village bleu : quand un village montre qu’il faut investir dans l’économie, pas seulement dans le béton

 

Pendant longtemps, le développement communautaire aux Comores s’est résumé à des actions visibles mais peu durables : construire des murs, paver une place de village, nettoyer les rues à l’approche d’un événement, ériger parfois une mosquée, une école ou une clinique… sans personnel, sans modèle économique, sans mécanisme de fonctionnement pérenne.
Un développement ponctuel, symbolique, souvent animé par la bonne volonté, mais rarement pensé comme un véritable levier économique et social.

Aujourd’hui, Mindradu, dans la région de Mbadjini, montre qu’un autre chemin est possible.

Surnommée désormais la ville bleue, cette localité connaît une transformation profonde à travers treize projets socio-économiques structurants, principalement au bénéfice des femmes et de la jeunesse. Présentés lors du festival de la vanille et de l’ylang-ylang tenu du 20 au 22 janvier, ces projets ont marqué un tournant, non seulement par leur nombre, mais surtout par leur logique de conception.

Ici, on ne parle pas de simples infrastructures figées. On parle de chaînes économiques complètes.Un mini-port équipé de trente vedettes de pêche confiées à trente jeunes praticiens.
Une ferme avicole gérée par des femmes, produisant à la fois des œufs et de la viande.
Une boulangerie-pâtisserie moderne.
Un atelier de couture doté de machines professionnelles.Des unités de transformation : parfumerie, café, épices, vanille, ylang-ylang.
Une clinique dédiée aux accouchements.
Un marché et une boutique pour écouler les productions locales.

Chaque projet répond à une logique simple mais trop souvent oubliée : produire, transformer, vendre, former, faire vivre.

Ce qui distingue surtout l’expérience de Mindradu du modèle classique, c’est le pilotage.
La communauté est impliquée, respectée, consultée. Les notables, associations et figures locales ont leur place. Mais la conduite opérationnelle est confiée à des professionnels, à des personnes formées, compétentes, capables de penser rentabilité, organisation, maintenance et évolution.
On ne confond plus légitimité sociale et expertise technique.C’est précisément là que beaucoup de projets communautaires échouent ailleurs : en voulant associer tout le monde à tout, on dilue la responsabilité, on freine l’innovation, et on finit par bloquer la performance. À Mindradu, ce piège a été évité.

Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas l’argent qui manque aux Comores.
La diaspora investit massivement dans ses villages. Les ONG et partenaires internationaux sont présents. Les aides existent.Ce qui manque, c’est souvent une vision rationnelle du développement : créer de vraies activités économiques, structurer des filières, former des compétences locales, générer de l’emploi stable.

Le modèle de Mindradu montre que le développement communautaire ne doit plus être uniquement social ou symbolique. Il doit être économique, productif et durable. C’est à ce prix que l’on peut réellement lutter contre l’exode rural, le chômage des jeunes, la précarité et, à terme, la délinquance.

Mindradu n’est pas un miracle. C’est un exemple.
Un exemple que les villages comoriens gagneraient à observer, à étudier et à adapter.
Sortir du développement communautaire de façade pour entrer dans un développement communautaire moderne, structuré et ambitieux.

La transformation des Comores ne viendra pas seulement des grandes politiques nationales. Elle viendra aussi  et peut-être surtout  de villages capables, comme Mindradu, de penser leur avenir avec méthode, compétence et lucidité.

ANTUF Chaharane 

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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