Le Maroc est bien en quarts de finale, mais ce huitième n’a rien eu d’une promenade. Face à une Tanzanie surprenante de solidité et de personnalité, les Lions de l’Atlas ont dû patienter longtemps avant de faire la différence. Score final : 1-0 pour le Maroc, une victoire minimale qui laisse derrière elle des questions, des débats… et un sentiment de respect pour l’adversaire.
Dès l’entame, la Tanzanie a affiché ses intentions. Bloc compact, duels assumés, transitions propres : les Taifa Stars n’étaient pas venues défendre bas en attendant l’inévitable. Le Maroc a certes confisqué le ballon, mais sans se créer immédiatement des occasions franches. Les minutes ont filé, la tension est montée, et le public a compris que ce match ne se débloquerait pas facilement.
Il a fallu attendre le cœur de la seconde période pour voir le verrou sauter. Sur une action enfin fluide, Achraf Hakimi trouve Brahim Diaz, qui se projette avec justesse et frappe avec autorité. Le but libère le stade, mais il ne tue pas le match. Autour de la 64e–66e minute, le Maroc prend l’avantage, sans jamais vraiment prendre le large.
Car la Tanzanie n’a pas rompu. Mieux encore, elle a continué à croire en sa chance. En fin de rencontre, une action dans la surface marocaine met le feu aux poudres : contact, chute, réclamations immédiates. Les joueurs et le banc tanzaniens demandent un penalty, convaincus qu’il y avait matière à sanction. L’arbitre, lui, juge qu’il n’y a rien. La décision provoque un cafouillage, des protestations appuyées, et un carton jaune adressé à l’entraîneur tanzanien pour contestation.
Alors, y avait-il vraiment penalty ? Les avis sont partagés. Certains estiment que le contact était insuffisant pour siffler, d’autres rappellent que ce type d’action a déjà été sanctionné ailleurs dans la compétition. Ce qui est certain, c’est que cet épisode a cristallisé la frustration d’une équipe qui n’a jamais donné l’impression d’être inférieure.
Au coup de sifflet final, le Maroc avance, fidèle à son statut. Mais cette victoire étriquée agit comme un signal : à ce stade de la Coupe d’Afrique, aucun match ne se gagne à l’avance. Quant à la Tanzanie, elle quitte la compétition avec une image renforcée, celle d’une sélection disciplinée, courageuse, et capable de regarder les favoris droit dans les yeux. Une élimination, oui, mais sans regret… et avec peut-être un débat qui continuera bien après ce huitième de finale.
Said Hassan Oumouri


Réagissez à cet article