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De moins de 5 % à plus de 20 % du PIB : la diaspora prend une place énorme dans une économie qui produit peu

 

La Banque centrale des Comores affiche des chiffres plutôt encourageants pour 2025 : une croissance économique estimée à 3,8 %, contre 3,3 % en 2024, accompagnée d’un ralentissement de l’inflation.

Mais derrière ces chiffres se trouve une autre donnée qui mérite peut-être davantage d’attention : les transferts d’argent de la diaspora représentent aujourd’hui plus de 20 % du produit intérieur brut comorien.

Cela ne signifie pas que la diaspora « produit » directement 20 % du PIB. Mais cela veut dire que les sommes envoyées depuis l’étranger représentent l’équivalent de plus d’un cinquième de toute la richesse produite dans le pays en une année. Surtout, cet argent joue un rôle considérable dans la consommation des ménages et donc dans l’activité économique.

Et cette situation n’a pas toujours eu cette ampleur.De moins de 4 % à plus de 20 % du PIB. Les données historiques de la Banque mondiale montrent une évolution spectaculaire.En 2000, les transferts reçus de l’étranger représentaient environ 3,7 % du PIB comorien. Ils atteignaient 6,2 % en 2005, puis environ 9,4 % en 2010. En 2023, ils représentaient déjà autour de 23 % du PIB.

En un peu plus de vingt ans, leur poids dans l’économie comorienne a donc été multiplié plusieurs fois.

Cela montre évidemment la puissance de la solidarité comorienne. Des milliers de familles financent grâce à cet argent leur alimentation, leur logement, leur santé, la scolarité des enfants, leurs constructions ou encore différentes dépenses familiales.

Mais économiquement, cette évolution doit également nous interroger. La diaspora est progressivement devenue l’un des piliers de l’économie comorienne.

C’est ici qu’il faut regarder le chiffre de 3,8 % de croissance avec davantage de recul.

Le FMI explique que la croissance de 2025 a notamment été soutenue par la demande intérieure. La consommation des ménages est restée dynamique grâce, entre autres, aux transferts provenant de l’étranger et au développement du crédit.

Le mécanisme est assez simple.Un Comorien installé en France gagne son salaire et en envoie une partie à sa famille aux Comores. La famille utilise cet argent pour acheter de la nourriture, construire une maison, payer des services ou acheter différentes marchandises.

Cet argent fait travailler les commerces, le bâtiment, les transports et différents services. Il participe donc indirectement à l’activité économique.

Le problème n’est pas que cette croissance serait « fausse ». Elle existe réellement. La question est plutôt de savoir sur quoi elle repose.

Une économie peut grandir parce qu’elle produit davantage de biens, développe son agriculture, transforme ses produits, crée des entreprises et augmente ses exportations.

Elle peut également progresser parce que davantage d’argent entre dans le pays et alimente la consommation.

Or les Comores restent extrêmement dépendantes des importations.

Une croissance qui révèle aussi nos faiblesses

Le FMI souligne que les Comores disposent toujours d’une base productive et d’exportation étroite et restent fortement dépendantes des importations, des transferts de la diaspora et de l’aide extérieure.

Les chiffres concernant certaines productions traditionnelles illustrent cette fragilité. Les exportations de vanille ont fortement reculé en 2025, tout comme celles du girofle. Une partie de la progression des exportations enregistrée durant l’année provenait notamment de la ferraille, un phénomène considéré comme ponctuel.

Cela pose finalement une question beaucoup plus importante que le seul chiffre de 3,8 % : que produisent réellement les Comores pour financer durablement leur développement ?

Recevoir de l’argent de la diaspora permet aux familles de consommer. Mais lorsqu’une grande partie des produits consommés est importée, une partie de cet argent repart rapidement à l’étranger pour payer ces importations.

La diaspora apporte ainsi des devises indispensables au pays tout en compensant une partie des faiblesses de l’appareil productif national.

Il serait donc injuste de présenter les transferts de la diaspora comme un problème. Ils constituent au contraire une véritable assurance sociale pour des milliers de familles comoriennes. Sans cet argent, leur niveau de vie serait considérablement plus faible.

Le problème se trouve ailleurs : après des décennies durant lesquelles le poids économique de la diaspora n’a cessé d’augmenter, le pays n’a toujours pas suffisamment réussi à transformer cette formidable capacité financière en capacité productive.

L’objectif ne devrait évidemment pas être que la diaspora envoie moins d’argent.

Il devrait être qu’à côté de l’argent destiné aux familles et à la consommation, davantage de capitaux puissent financer des entreprises, l’agriculture, la transformation alimentaire, le tourisme, l’énergie ou d’autres activités capables de produire de la richesse et des emplois aux Comores.

Car le véritable indicateur de réussite économique ne sera pas seulement de savoir si la croissance passe de 3,3 % à 3,8 %, puis éventuellement à 4 %.

Il faudra surtout regarder si les Comores produisent davantage de ce qu’elles consomment, transforment davantage leurs propres ressources, exportent davantage et créent suffisamment d’emplois sur leur territoire.

Lorsque les transferts de ceux qui sont partis travailler à l’étranger représentent désormais plus d’un cinquième du PIB national, cela raconte deux histoires à la fois : celle de l’extraordinaire force économique de la diaspora comorienne, mais aussi celle d’un pays qui peine encore à construire une économie suffisamment productive pour dépendre davantage de ce qu’il crée lui-même.Je peux aussi te faire une version avec un titre encore plus direct, par exemple autour de l’idée : « La diaspora pèse plus de 20 % du PIB : que produisent réellement les Comores ? »

ANTUF Chaharane 

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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