Réuni à Luanda dans le cadre du 26e Sommet Extraordinaire du Conseil Exécutif de l’Union Africaine consacré au renforcement des mécanismes continentaux de prévention, de gestion et de résolution des conflits, le Ministre des Affaires Etrangères de l’Union des Comores, Mbae Mohamed, a livré un discours marqué par un constat alarmant sur l’état de la paix en Afrique, avant de dénoncer avec fermeté l’occupation illégale de l’île comorienne de Mayotte par la France.
Une Afrique confrontée à la persistance des conflits
Devant les délégations réunies, le chef de la diplomatie comorienne a d’abord dressé un état des lieux préoccupant. Selon lui, plusieurs régions du continent ont basculé dans des conflits qui remettent en cause les efforts consentis jusqu’ici pour préserver la paix. Il a cité le Sahel, la région des Grands Lacs et la Corne de l’Afrique comme les théâtres d’une même désolation : morts, déplacements de populations et jeunesse désespérée, prête à risquer sa vie en quête d’un avenir meilleur.
Face à ce constat, le Ministre a appelé à l’humilité collective, estimant que le mécanisme continental de prévention des conflits, bien qu’ayant fait ses preuves, doit aujourd’hui être renforcé par des dispositifs plus souples et plus réactifs, capables de réduire le décalage entre l’alerte et la réponse. Il a également alerté sur la montée de groupes terroristes et extrémistes violents, qui profitent, selon lui, de la fragilité des institutions, de la porosité des frontières et de la pauvreté des populations à travers le continent.
L’appel comorien : protection des civils, financement et inclusion
Le représentant comorien a affirmé que son pays soutient pleinement les recommandations à venir de ce Sommet, plaidant pour une priorité accordée à la protection des populations civiles, à la lutte contre les causes profondes des crises, à l’augmentation des financements humanitaires et à l’inclusion des femmes et des jeunes dans les processus de décision, qu’il a qualifiés de premiers acteurs de paix.
La question de Mayotte au cœur du discours
C’est cependant sur la question de Mayotte que l’intervention du Ministre a pris une tournure plus offensive. Évoquant la position géographique de son pays et les enjeux stratégiques du canal du Mozambique qu’il a décrit comme une zone jadis paisible, aujourd’hui menacée Mbae Mohamed a dénoncé une érosion progressive de la solidarité panafricaine au profit d’intérêts particuliers.
Il a ainsi pointé la signature d’instruments juridiques entre des pays africains frères et amis et les autorités de l’île comorienne de Mayotte, qu’il a qualifiée d’occupée illégalement par la France, puissance colonisatrice, avant d’interpeller l’ensemble des États membres de l’Union Africaine sur cette question.
Le Ministre a dénoncé tout instrument juridique signé entre un État membre et l’administration française sur cette île comorienne, y voyant une atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Union des Comores.
Il a, dès lors, appelé solennellement les États membres et la Commission de l’Union Africaine à respecter cette intégrité territoriale, à observer la vigilance requise et à s’abstenir de tout acte susceptible de compromettre la souveraineté comorienne ou de faire dégénérer cette question en conflits politiques et diplomatiques sur le continent.
Un appel à l’unité africaine
Enfin, le Chef de la diplomatie comorienne a exhorté l’Union Africaine à consolider son unité et sa solidarité, au-delà des clivages politiques, pour restaurer la confiance des peuples africains et agir collectivement au service de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du continent.
Sefrick Abdou


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