Deux mois après leur entrée historique au patrimoine mondial, les médinas comoriennes ont reçu leur certificat officiel de l’UNESCO, samedi 29 août, sur la place de Bichioni à Iconi. Le document a été remis au président Azali Assoumani lors d’une cérémonie où ferveur populaire, solennité républicaine et expressions culturelles se sont mêlées.
Cette reconnaissance concrétise la décision adoptée le 29 juin à Busan, en Corée du Sud, pendant la 47e session du Comité du patrimoine mondial. Elle couronne plusieurs années de travail mené par l’État, les collectivités, les spécialistes du patrimoine et les habitants des villes concernées. Les médinas d’Iconi, d’Itsandra, de Moroni et de Ntsoudjini font ainsi entrer pour la première fois un bien comorien sur cette prestigieuse Liste.
Au nom de l’UNESCO, Louis Haxthausen a rappelé que cette inscription consacre la valeur universelle de l’histoire comorienne, de l’architecture en pierre de corail et d’un mode de vie communautaire toujours vivant. Mais le représentant de l’organisation a surtout averti que le certificat ouvre une nouvelle étape : celle de la protection, de la conservation et de la transmission.
L’ambassadeur des Comores auprès de l’UNESCO, Mohamed Bajrafil, a lui aussi insisté sur cette responsabilité collective. Préserver les anciennes demeures, les ruelles et les portes sculptées ne relève plus seulement de la mémoire nationale : c’est désormais un engagement pris devant l’humanité.
À Iconi, habitants, notables et visiteurs ont célébré l’événement au rythme des chants et danses traditionnels. Derrière la fête commence toutefois le véritable défi. Les pouvoirs publics devront mobiliser des moyens durables, encadrer les transformations urbaines et associer étroitement les communautés. L’enjeu sera de valoriser ces cités sans les dénaturer, tout en développant un tourisme culturel bénéfique aux populations. Le certificat est une immense fierté ; leur sauvegarde sera le véritable test de notre engagement collectif.
IBM


Réagissez à cet article