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Capture de Maduro par Trump : à qui le tour ?Une nouvelle ère, moins hypocrite, plus sauvage, vient d’entrer en scène

 

L’annonce de la capture de , revendiquée par , ne se limite pas à un épisode spectaculaire de plus dans la longue crise vénézuélienne. Elle marque une rupture plus profonde, presque brutale, dans la manière dont la puissance s’exerce désormais sur la scène internationale. Ce qui frappe, ce n’est pas seulement l’acte en lui-même, mais la façon dont il est assumé, exposé, revendiqué. Plus de faux-semblants, plus de langage feutré. Le message est direct : quand la force estime avoir raison, elle agit.

Depuis des décennies, les relations internationales reposaient sur un équilibre fragile fait de discours juridiques, de sanctions, de pressions diplomatiques, parfois de guerres indirectes, mais toujours enveloppées d’un vernis de légalité ou de morale universelle. La capture d’un chef d’État en exercice par une puissance étrangère fait voler en éclats cette mise en scène. Elle suggère que le monde est peut-être entré dans une phase nouvelle, où le rapport de force ne cherche même plus à se dissimuler derrière les règles, mais s’affiche comme tel.

La fin des règles tacites

Ce qui se joue ici dépasse largement le Venezuela. La question n’est pas de juger Maduro, ni même d’évaluer la légitimité morale ou politique de son régime. La vraie question est ailleurs : si un État peut décider seul qu’un dirigeant étranger est un criminel et organiser sa capture sur son propre territoire, alors une frontière symbolique a été franchie. Celle qui séparait encore, tant bien que mal, la justice internationale de la justice du plus fort.

Dans ce nouveau paysage, la souveraineté cesse d’être un principe intangible. Elle devient conditionnelle, dépendante de l’équilibre des alliances, de la valeur stratégique d’un pays, de sa capacité à se rendre indispensable ou, au contraire, de son isolement. Le monde paraît moins hypocrite, certes, mais aussi plus brutal. Les règles ne disparaissent pas, elles deviennent secondaires, malléables, invoquées ou ignorées selon les intérêts du moment.

Les pays du Sud, dans leur ensemble, sont les premiers concernés par cette évolution. Amérique latine, Moyen-Orient, Asie du Sud, Afrique… Tous partagent une vulnérabilité commune : celle d’évoluer dans un système international où la protection réelle ne vient pas seulement du droit, mais de la capacité à peser, à dissuader, à négocier en position de force. Pour l’Afrique en particulier, cette affaire agit comme un rappel discret mais inquiétant : dans un monde plus dur, la souveraineté ne se proclame plus, elle se construit et se défend, politiquement, économiquement, stratégiquement.

La capture de Maduro n’est peut-être pas un modèle appelé à se généraliser. Mais elle est un signal. Elle dit que l’époque des équilibres prudents touche peut-être à sa fin, et que nous entrons dans une phase où la question n’est plus seulement “qui a raison ?”, mais “qui peut agir ?”. À partir de là, une interrogation s’impose, presque mécaniquement, dans les capitales du Sud comme ailleurs : à qui le tour ?

Said Hassan Oumouri

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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