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Cameroun-Comores : Interrogations par rapport à «l’attitude» de la Ffc

Après cette rencontre presque unanimement qualifiée de «match de la honte», l’opinion comorienne s’interroge sur la réaction du président de la fédération comorienne de football en estimant que ce dernier n’a pas suffisamment défendu les intérêts du football comorien. La vice-présidente de la Caf, la Comorienne Kanizat Ibrahim, n’est pas épargnée.

Pendant que le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto’o, tente par tous les moyens de blanchir son instance accusée d’avoir contribué à «manipuler» aux dépens des Comores, la désormais «fameuse» malgré elle huitième de finale entre les Lions indomptables et les Coelacanthes, celui de la fédération de football des Comores (Ffc) est «resté muet», croient avoir constaté de larges franges de l’opinion publique aux Comores. Dans les transports, les restaurants voir au bureau, l’»injustice à laquelle les Comores ont fait l’objet» à cette occasion, reste le seul sujet de discussion.

La population accuse la fédération de football des Comores et, particulièrement, son président, Saïd Ali Saïd Athouman, de ne s’être pas suffisamment investi pour défendre les intérêts de l’équipe nationale et du football comorien en général face aux organisateurs de la compétition et, particulièrement, la Confédération africaine de football (Caf) largement considérée, ici, comme «principal artisan de ces magouilles».

Entre «émotion» et décision murement réfléchie

Saïd Ali Saïd Athouman, que nous avons interrogé hier, se défend en ces termes : «Le plus utile n’est pas de crier ou de publier des vidéos. Nous avions eu les mêmes problèmes avec trois joueurs testés positifs et qui, à quarante minutes du coup d’envoi, ne devaient pas jouer. Le staff faisait des allers et retours des vestiaires aux tribunes pendant que j’étais au téléphone jusqu’à ce qu’on trouve une solution. Ils ont pu jouer et nous ont offert une victoire. Cela je l’ai fait sans bruit. Je ne pouvais pas négocier et en même temps communiquer, avant d’avoir des résultats concrets».

Dans cette indignation générale, il n’y pas que ce dernier qui est accusé de n’avoir «rien fait». La vice-présidente de la Caf, la Comorienne Kanizat Ibrahim, est également visée. Le supporter des Coelacanthes, Saïd Ibrahim, estime qu’en tant que membre du comité exécutif de la Caf, Kanizat Ibrahim «aurait dû s’opposer au changement de dernières minutes, par son instance», du protocole sanitaire qui a empêché les Coelacanthes de jouer avec un gardien de but de métier. «Elle aurait également dû se battre pour obtenir, par la voie d’une dérogation par exemple, que Ali Ahamada puisse jouer comme cela a été le cas pour le joueur tunisien, Wahbi Khazri».

«On vous faisait confiance pour ce qui est de nos litiges avec la Caf, mais là vous avez échoué», lance, pour sa part, Saïd Omar Saïd à l’endroit de Kanizat Ibrahim et Saïd Ali Saïd Athoumane. «Elle aurait pu monter la voix devant tant d’hostilités contre les Comores à l’occasion de ce match, car avant d’être vice-présidente de la Caf chargée du football féminin, elle est comorienne et, de toute façon, ne pas prendre position, c’est être du côté de l’injustice», estime pour sa part, Mariata Soulé.

Pour se défendre, le président la Ffc affirme «avoir tout donné» et déclare que quand on a des responsabilités, on doit prendre des décisions mûrement réfléchies et non pas se laisser diriger par l’émotion, la colère ou les conseils de gens qui ne connaissent rien aux tenants et aux aboutissants de cette affaire. «Le perdant dans cette histoire, quand on lit la presse internationale, c’est la Caf. Les Comores au contraire en sortent grandies. Mais ce qu’il y’a c’est que certains pensent qu’il faut se laisser guider par les internautes et les humeurs des uns et des autres», devait conclure Saïd Ali Saïd Athouman.

Mahdawi Ben Ali / Alwatwan

La Rédaction

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