Cinq fonctionnaires de la Police nationale comparaissent devant la justice de Fomboni après les accusations d’un jeune homme de 23 ans affirmant avoir été violemment frappé à la suite de son interpellation.
Selon les informations publiées le 9 septembre par La Gazette des Comores et relayées par Mohéli Matin, l’affaire aurait commencé par un simple différend lié au stationnement. Le jeune homme, présenté sous le prénom de Faïze, accompagnait sa mère pour effectuer des achats lorsqu’un policier lui aurait demandé de déplacer son véhicule.
Le plaignant reconnaît avoir été temporairement mal stationné. Il explique toutefois qu’il souhaitait d’abord aider sa mère à transporter ses sacs avant de reprendre la voiture. L’échange avec le policier aurait ensuite dégénéré, conduisant à son interpellation et à son transfert au commissariat de Fomboni.
Un certificat médical versé au dossier
Faïze affirme avoir été frappé après son arrivée au commissariat. D’après La Gazette, le certificat médical présenté devant le tribunal mentionne un traumatisme crânien ainsi qu’une importante atteinte à l’œil droit.
Le jeune homme mettrait principalement en cause quatre policiers. Le cinquième fonctionnaire poursuivi n’aurait pas été présent au moment précis des violences dénoncées. Lors de l’audience, l’un des agents aurait reconnu avoir donné une gifle au plaignant, tandis que les autres contestent avoir exercé des violences physiques.
L’avocat du jeune homme réclame 1,5 million de francs comoriens, notamment pour contribuer au financement des soins. Il rappelle qu’une infraction au stationnement doit être sanctionnée conformément à la loi et ne saurait, à elle seule, justifier l’utilisation d’une force disproportionnée.
Un test pour la confiance envers les institutions
Au-delà de la situation individuelle de Faïze, cette affaire pose une question essentielle : comment un citoyen peut-il obtenir justice lorsque les personnes qu’il accuse sont précisément chargées de faire respecter la loi ?
La comparution de cinq policiers constitue déjà une étape importante. Le tribunal devra désormais confronter les déclarations du plaignant, les versions des fonctionnaires, le certificat médical et les autres éléments éventuellement versés au dossier.
L’enjeu concerne également la Police nationale. Des procédures disciplinaires internes ont-elles été engagées ? Les agents concernés ont-ils été maintenus en fonction pendant l’examen de l’affaire ? Quelles mesures sont prévues pour prévenir les violences lors des interpellations et garantir la sécurité des personnes conduites au commissariat ?
À ce stade, aucun jugement officiel n’a été retrouvé en accès public. Les violences rapportées restent donc des accusations qui doivent être établies par la justice. Les cinq policiers mis en cause bénéficient de la présomption d’innocence.
Said Hassan Oumouri


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