Bac 2026 : les résultats explosent, mais qu’est-ce qui a changé dans l’école comorienne ?
Les résultats du baccalauréat 2026 aux Comores devraient être une excellente nouvelle. Le taux d’admission dès le premier groupe connaît une progression spectaculaire par rapport aux années précédentes. Mais derrière cette réussite se pose une question simple : qu’est-ce qui a changé en seulement un an ?
Ces dernières années, le taux d’admission directe au baccalauréat est resté relativement faible. Il était d’environ 15 % en 2023, 18 % en 2024 et 17,5 % en 2025. Cette année, il dépasse les 30 %. À Mohéli, la progression est encore plus impressionnante : le taux d’admission au premier groupe passe d’environ 13,4 % en 2025 à 46,3 % en 2026.
Une telle progression est évidemment possible. Une génération peut obtenir de meilleurs résultats qu’une autre. Des enseignants peuvent mieux préparer leurs élèves. Les sujets peuvent également davantage correspondre aux connaissances acquises par les candidats.
Mais l’ampleur de la progression mérite une explication.
Car normalement, lorsqu’un indicateur éducatif connaît une rupture aussi importante en une seule année, on cherche ce qui a changé.
Le nombre d’enseignants a-t-il fortement augmenté ? Leur formation s’est-elle améliorée ? Les programmes ont-ils été profondément réformés ? Les établissements ont-ils bénéficié de nouveaux moyens ? Le temps d’enseignement effectif a-t-il augmenté ? Une politique nationale particulière de préparation au bac a-t-elle été mise en place ?
À notre connaissance, aucune transformation majeure du système éducatif comorien ne permet, à elle seule, d’expliquer une progression aussi brutale entre deux sessions.
Alors, qu’est-ce qui a changé ?
Les élèves de la promotion 2026 étaient-ils simplement beaucoup mieux préparés ? Les sujets étaient-ils plus accessibles ? Les méthodes de correction ont-elles évolué ? Les critères de délibération ou de rachat ont-ils été différents ? Les jurys ont-ils appliqué les mêmes pratiques que les années précédentes ?
Nous n’avons pas aujourd’hui les éléments permettant de répondre à ces questions.
Et c’est justement le sujet.
Une progression spectaculaire des résultats scolaires devrait pouvoir être expliquée. Si elle est le résultat d’une amélioration pédagogique, il serait essentiel de savoir laquelle : elle pourrait alors être reproduite et consolidée pour les prochaines générations.
Dans le cas contraire, il faut comprendre quels autres facteurs ont joué.
Cette interrogation est d’autant plus légitime que le système éducatif comorien ne semble pas avoir connu, entre 2025 et 2026, une révolution comparable à celle observée dans les résultats du bac. Les difficultés structurelles de l’école — moyens limités, conditions d’enseignement difficiles, interruptions des cours ou disparités entre établissements — n’ont pas disparu en quelques mois.
Le contraste est donc saisissant : l’école semble globalement confrontée aux mêmes difficultés, mais les résultats, eux, changent brutalement.
Cela ne signifie ni que les résultats sont faux, ni que les nouveaux bacheliers ne méritent pas leur diplôme. Une telle conclusion serait injustifiée sans preuve.
Mais passer d’environ 17,5 % d’admis directs en 2025 à plus de 30 % en 2026 constitue une rupture suffisamment importante pour mériter une explication publique.
Mohéli constitue le cas le plus spectaculaire : comment passe-t-on d’environ 13 % à plus de 46 % d’admis au premier groupe en une année ? Si une méthode particulière a permis cette progression, elle devrait être connue et étudiée.
Le ministère de l’Éducation et l’Office national des examens et concours pourraient donc apporter une réponse relativement simple : qu’est-ce qui, selon eux, explique cette hausse ?
Car derrière les statistiques du bac 2026 se cache finalement une question beaucoup plus importante.
Si l’école comorienne s’est réellement améliorée, il faut comprendre comment.
Et si l’école n’a pas profondément changé, alors il faut expliquer pourquoi ses résultats, eux, ont autant changé.
ANTUF Chaharane


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