À Dzahadju Hambu, la nouvelle a d’abord été accueillie avec incrédulité. Ahamed Saidou, inscrit au sous-centre de Dembeni, figure parmi les admis au premier groupe du baccalauréat 2026, en série A4. À 49 ans, il devient ainsi le doyen des nouveaux bacheliers de cette session, au terme d’un parcours hors du commun.
Surnommé affectueusement « Moichili », Ahamed Saidou poursuit ce rêve depuis plus de trois décennies. Né le 31 décembre 1976, il aurait tenté pour la première fois l’examen au début des années 1990. Depuis, les échecs se sont succédé, entrecoupés de périodes durant lesquelles la vie professionnelle l’a éloigné des salles d’examen. Passage dans l’armée, emploi de concierge au Service universitaire de formation permanente : rien n’a définitivement éteint son ambition.
Candidat libre, passionné de lecture, il a multiplié les inscriptions dans différents sous-centres de Ngazidja et tenté plusieurs séries. Une persévérance devenue presque légendaire dans son village.
Même sa famille avait fini par douter. Son neveu, Amerdine Mohamed, raconte avoir vérifié plusieurs fois la liste avant d’y croire. « J’ai entendu un cri de joie, un mélange d’émotion, de soulagement et de bonheur », témoigne-t-il lorsqu’il lui annonce son admission.
Au fil des années, Ahamed Saidou s’est également distingué par sa volonté de réussir sans assistance. En 2002, il aurait ainsi catégoriquement refusé l’aide proposée par une connaissance pendant un examen, déterminé à obtenir son diplôme par ses propres moyens.
Aujourd’hui, les félicitations affluent à Dzahadju Hambu. Discret, le nouveau bachelier n’a pas souhaité s’exprimer publiquement. Reste désormais une question : poursuivra-t-il l’aventure à l’Université des Comores ?
Quelle que soit sa décision, Ahamed Saidou vient déjà de transformer son baccalauréat en une remarquable leçon de persévérance : après plus de trente ans, il n’a jamais renoncé à son rêve.
IBM


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